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En Quête ou Enquête de Foi ?

Parution d'articles de presse web concernant édifices religieux, œuvres d'arts ou manifestations chrétiennes.

Que sont devenus les douze apôtres ? (Aleteia)

Aleteia

SPIRITUALITÉ

Que sont devenus les douze apôtres ?

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Nicolas Poussin | Public Domain

Philip Kosloski

Jésus dit à ses apôtres « Allez ! » (Mt 28, 19) et c’est exactement ce qu’ils ont fait, évangélisant différentes parties du monde.

Avant de monter au Ciel, Jésus dit à ses apôtres : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 19). Poussés par cet ordre divin les enjoignant à évangéliser le monde, les apôtres n’ont pas perdu leur temps. Ils se sont immédiatement attelés à leur tâche et ont semé les germes de la foi partout sur leur passage.

 

By Renata Sedmakova | Shutterstock

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1. PIERRE : D'ANTIOCHE À ROME

La tradition veut que Pierre soit le premier à avoir voyagé jusqu’à Antioche et à avoir fondé une communauté là-bas. Il n’y est pas resté très longtemps, mais il est souvent considéré comme le premier évêque d’Antioche. Il est possible qu’il ait ensuite visité Corinthe avant de se rendre à Rome. Là-bas, il a aidé à former la communauté chrétienne, avant de mourir en martyr dans le cirque de Néron vers l’an 67 à Rome. La basilique Saint-Pierre est bâtie sur sa tombe.

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2. ANDRÉ : ÉVANGÉLISATEUR DE LA GRÈCE

Après la Pentecôte, de nombreuses traditions font d’André, le frère de Pierre, l’apôtre des Grecs. Il aurait évangélisé des communautés grecques et serait mort en martyr à Patras, sur une croix en forme de X. Ses reliques ont finalement été transférées au Dôme d’Amalfi, en Italie.

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3. JACQUES DE ZÉBÉDÉE : DE GALILÉE À JÉRUSALEM

On dit que Jacques fut le premier apôtre à être martyrisé. Dans les Actes des Apôtres, il est écrit : « À cette époque, le roi Hérode Agrippa se saisit de certains membres de l’Église pour les mettre à mal. Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter » (Actes des Apôtres 12, 1-2). Il meurt en l’an 44 à Jérusalem. Après sa mort, son corps est transféré à l’actuel Saint-Jacques-de-Compostelle. Son tombeau est la destination d’un pèlerinage qui a traversé les siècles et qui est toujours aussi populaire aujourd’hui : le Camino.

Qui est saint Jacques le majeur ?

Jacques Gauthier | 25 juillet 2017

Éclairages sur l’histoire de saint Jacques apôtre, dit le majeur, à l’occasion de sa fête, célébrée le 25 juillet.

Fêté le 25 juillet, Jacques est l’un des premiers apôtres de Jésus avec Jean, André et Pierre. Cette ancienneté lui vaudra l’appellation de « majeur », en opposition à son homonyme, Jacques d’Alphée, cousin de Jésus. Frère aîné de Jean l’évangéliste, les deux sont fils de Zébédée, un patron pêcheur du lac de Tibériade. Disciples de Jean Baptiste, ils ont suivi Jésus après son baptême pour devenir des pêcheurs d’hommes. Leur mère Marie Salomé suivra également le Maître avec d’autres femmes.

Fils du tonnerre

De tempérament fougueux et impulsif, Jacques hérita de ce surnom avec son frère Jean : « fils du tonnerre » (Boanerguès). Un jour que les apôtres montaient à Jérusalem, Jésus en envoya quelques-uns en avant de lui, dans un village de Samaritains, pour préparer sa venue. On le sait, les Juifs méprisent les Samaritains qui sont séparés de Jérusalem depuis la mort de Salomon. Ceux-ci chassèrent les messagers et refusèrent donc de recevoir Jésus. Voyant cela, Jacques et Jean interpelèrent Jésus : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? » (Lc 9, 55). Celui-ci se retourna et les réprimanda. Ils avaient oublié que le Fils de l’homme n’était pas venu pour perdre les âmes, mais pour les sauver, et que le bon grain doit pousser avec l’ivraie.

Jésus exhortait régulièrement ses apôtres à se dépouiller de toute dureté de cœur envers le prochain. Il prêchait par l’exemple. Sa conduite conférait l’autorité, sans pouvoir excessif. Il ne se vengeait pas, ne recherchait pas les honneurs, contrairement aux apôtres. Par trois fois, il leur annonça qu’il serait livré aux grands-prêtres à Jérusalem, qu’ils le condamneront à mort, qu’ils le livreront aux païens, qu’ils le tueront, mais qu’il se lèvera d’entre les morts après trois jours. Ils ne comprenaient pas; ces confidences de Jésus remettaient en question l’image qu’ils se faisaient du messie.

Un jour, Salomé demanda cette faveur à Jésus : « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume » (Mt 20, 21).

Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire? » Les deux frères répondirent par l’affirmative. Jésus ajouta : « Ma coupe, vous la boirez ; quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père » (Mt 20, 24).

Les dix autres, qui avaient entendu, s’indignèrent contre les fils de Zébédée. Jésus en profita pour les enseigner. « Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave. Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mt 20, 24-28). Lire la suite sur le blogue de Jacques Gauthier

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4. JEAN : DE L'ÎLE DE PATMOS À ÉPHÈSE

Saint Jean, évangéliste et auteur du Livre de l’Apocalypse, est le seul apôtre à ne pas être mort en martyr. Dans le Livre de l’Apocalypse, il écrit de l’île de Patmos, située en Grèce : « Moi, Jean, votre frère, partageant avec vous la détresse, la royauté et la persévérance en Jésus, je me trouvai dans l’île de Patmos à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus » (Livre de l’Apocalypse 1, 9). Il est mort aux alentours de l’an 100 et est enterré non loin d’Éphèse.

Que sont devenus les douze apôtres ? (Aleteia)

5. PHILIPPE : ÉVANGÉLISATEUR DE LA GRÈCE

Dans les années qui ont suivi la Pentecôte, Philippe a évangélisé des communautés grecques. On sait peu de choses de ses aventures, si ce n’est qu’il est mort en martyr vers l’an 80. Ses reliques sont conservées dans la basilique des Saints-Apôtres à Rome.

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6. BARTHÉLÉMY : DE L'ARABIE À L'INDE

On en sait peu sur les efforts d’évangélisation de Barthélemy. D’après diverses traditions, il aurait prêché dans différents endroits. Il aurait évangélisé l’Arabie, la Perse et peut-être l’Ouest de l’Inde. Il serait mort en martyr et ses reliques seraient actuellement dans la basilique de Saint-Barthélemy-en-l’Île à Rome.

© Shutterstock Statue de saint Barthélémy à Saint-Jean-de-Latran, Rome.

© Shutterstock Statue de saint Barthélémy à Saint-Jean-de-Latran, Rome.

Quel saint, écorché vif, tient sa peau dans ses bras ?
Caroline Becker | 30 juillet 2017

Comment identifier un saint que l’on rencontre au détour d’une rue, d’un musée, d’une église, sous la forme d’une statue ou d’une peinture ? Aleteia vous donne les clés pour reconnaître les symboles de chaque personnage et devenir ainsi incollable. Aujourd’hui : saint Barthélémy.

Représentation :

Barthélémy est le plus souvent représenté écorché vif, portant sa peau sur son bras et parfois accompagné du couteau qui a servi à son supplice. L’exemple le plus célèbre a été réalisé par Michel-Ange dans la chapelle Sixtine à Rome. Les peintres ont parfois représenté l’instant de son martyre, au moment où les bourreaux lui dépècent la peau à l’aide du couteau.

Vie et légende :

Barthélémy fait partie des apôtres du Christ, pourtant il n’est mentionné nulle part dans les Évangiles. On trouve sa mention dans les Évangiles synoptiques et dans les Actes des apôtres. La tradition retient qu’il a évangélisé l’Arabie et la Mésopotamie en compagnie de l’apôtre Thomas. Au cours de ses voyages, il se retrouve en Arménie. Le roi, selon la Légende dorée de Jacques de Voragine, décide de l’écorcher vif puis de le crucifier.

Ses reliques sont vénérées dans la basilique San Bartolomeo all’Isola, sur l’île Tibérine à Rome.

Patron :

Il est le saint patron des corps de métiers en rapport avec la préparation des peaux : bouchers, tanneurs, gantiers, relieurs…

Public Domain - Caravage, l'incrédulité de saint Thomas

Public Domain - Caravage, l'incrédulité de saint Thomas

7. THOMAS : MISSIONNAIRE EN INDE

Thomas, l’apôtre « incrédule », est largement connu pour ses œuvres missionnaires en Inde. Il existe une histoire populaire à propos de l’une de ses aventures, portant sur la conversion d’un roi local « incrédule ». Il est mort dans les alentours de l’an 72 et sa tombe est située à Mylapore, en Inde.

Qui est saint Thomas ?

Caroline Becker | 03 juillet 2017

Le 3 juillet, l’Église célèbre la fête de saint Thomas. L’occasion de redécouvrir cet apôtre du Christ qui occupe une place particulière dans le groupe des disciples. Il est « l’incrédule », celui qui n’a pas cru à la Résurrection comme le relate l’Évangile de saint Jean. Retour en images sur cet épisode qui a inspiré de nombreux artistes.

Thomas appelé Didyme (le jumeau) faisait partie des disciples de Jésus. Fidèle au Christ depuis le début, il l’a suivi dès ses premières apparitions publiques et ce jusqu’à sa mort. Sa place est prédominante dans l’Évangile de saint Jean. Plusieurs épisodes nous révèlent son caractère : il est celui qui se questionne et qui doute. Lors du dernier repas avec Jésus, Thomas déclare :

« Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment saurions-nous le chemin ?
— Je suis le chemin, la vérité et la vie », répond Jésus.

Mais l’épisode le plus célèbre demeure son incrédulité face à la Résurrection du Christ :

« Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : “La paix soit avec vous !” Puis il dit à Thomas : “Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant.” Alors Thomas lui dit : “Mon Seigneur et mon Dieu !”. Jésus lui dit :“Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu” ». (Jean 20, 26-29).

Hormis les Évangiles, d’autres textes apocryphes, comme les Actes de Thomas ou la Légende dorée de Jacques de Voragine, mentionnent des épisodes de la vie du saint et dont de nombreux artistes se sont inspirés.

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8. MATTHIEU : DE LA MÉDITERRANÉE A L'ÉTHIOPIe

Matthieu, l’un des quatre évangélistes, est surtout connu pour ses écrits. Il a prêché dans diverses communautés autour de la Méditerranée avant d’être martyrisé en Éthiopie. La cathédrale de Salerne en Italie abrite sa tombe.

Saint Matthieu par lui-même : « Jésus m’a appelé par pure grâce, en vue de l’édification du Royaume »

Jacques Gauthier | 21 septembre 2015

En cette fête de l’apôtre-évangéliste, Jacques Gauthier nous propose de découvrir les pensées du fidèle disciple du Christ et du regard qu’il pouvait porter sur son Maître…

Mon nom est Lévi, dit Matthieu. Je suis Galiléen de Capharnaüm, le dernier apôtre appelé par Jésus. J’étais collecteur d’impôt, donc très impopulaire auprès des gens que je taxais à outrance. J’étais un pécheur, un publicain, à la solde de l’empereur romain. Je comprenais la réaction négative des apôtres quand Jésus m’appela à sa suite.

Un jour, Il posa son regard sur moi, comme s’Il discernait une urgence. J’étais assis à mon bureau de publicain, près de la place du marché, et je sentis mon âme mise à nue. Ah ! le regard de Jésus ce jour-là. Comme il était pénétrant de tendresse, rempli de miséricorde. Il m’appela d’un ton décisif : « Viens. Suis-moi ! ».

Alors, je Le suivis avec empressement. Je sortis derrière le comptoir sans m’occuper de ramasser les pièces de monnaie éparses, de fermer le coffre. Rien. Je me sentais aimé et non pas condamné. Moi qui étais perdu, Il m’avait retrouvé. En me regardant, Il m’avait ressuscité, ainsi je m’étais levé. Je Lui demandai : « Où allons- nous, Seigneur ? Où me conduis-Tu ? ». « Je veux aller dans ta maison. Veux-tu donner l’hospitalité au Fils de l’homme ? »

Il appela alors ses disciples, ébahis de se diriger vers ma maison. La route était ensoleillée, aucun apôtre ne parlait, tant ils étaient stupéfaits. Ils sont entrés chez moi ; mes serviteurs leur ont apporté de l’eau et des boissons. Je voulais célébrer ma renaissance, j’ai donc invité des amis, ce serait ma dernière fête avec eux.

Mon repentir avait lavé mon âme. Le Maître avait brûlé mes péchés au feu de sa Miséricorde ; Il avait cicatrisé les blessures de mon cœur, renouvelé ma pauvre âme malade. Il ne m’avait pas jugé selon les apparences. Je me sentais tellement léger. Sa douceur avait vaincu le mal.

Ils étaient tous à table dans ma maison : Jésus, les apôtres, des collecteurs d’impôts et beaucoup d’autres pécheurs. Judas Iscariote, qui semblait très mal à l’aise parmi ces gens impurs, fit savoir à Jésus que c’était très imprudent de sa part de manger avec ces individus : « Rabbi !  Si Tu as décidé de ta ruine, il faut le dire tout de suite ». On entendait les pharisiens scandalisés qui disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? ».

Jésus, qui avait entendu, déclara humblement : « Je suis venu pour soigner et purifier les âmes malades, blessées, souillées. Elles aussi ont besoin du Sauveur, et moi je viens les sauver. Il est urgent d’aimer. Comprenez-vous cela ? Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie cette parole des prophètes : Je veux la miséricorde, non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs ». (…)

La nouveauté de l’Évangile que je découvrais ne pouvait pas s’accommoder des anciennes pratiques. L’époux d’Israël était parmi nous, le temps des noces venait d’arriver. Comme l’avait affirmé Osée, Il s’avançait avec les mains chargées de dons et le cœur rempli d’amour pour épouser son peuple dans le droit et la justice, la tendresse et la miséricorde. Il fallait se renouveler de l’intérieur pour être à la hauteur d’un tel message, même s’il était rejeté par le pouvoir en place. Jésus nous avait prévenus plusieurs fois :

« Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a observé ma parole, on observera aussi la vôtre.

Ne craignez pas les hommes, ni qui tuent le corps. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus que tous les moineaux du monde. »

Avec Jésus, j’étais devenu un être capable de foi, d’espérance et d’amour. Il m’avait appelé par pure grâce, en vue de l’édification du Royaume. Je ne voulais que faire un avec Lui, conformer ma vie à la sienne, Lui faire plaisir. Il avait vu loin en me regardant. Avec Jean, je serai le seul parmi les Douze à écrire un Évangile. Le Maître savait que j’avais les qualités nécessaires pour mener une telle œuvre et qu’Il pouvait tirer du neuf de mon passé.

J’avais développé une bonne mémoire à mon comptoir de collecteur d’impôt. Je déployais ma culture et mon éloquence pour arriver à mes fins. J’ai fait de même pour mon évangile où j’ai tenté de montrer que Jésus est le Messie à travers ses discours et ses miracles. Je notais directement les paroles du Maître quand Il prêchait.

Jusqu’à ma mort, j’aurai un grand souci des paroles du Maître. Comme Lui, je n’aurai pas dégoût du pécheur ; je me souvenais d’où j’étais parti avant de me lever et de Le suivre. Je m’étais nourri de la fange, je mangeais maintenant le miel céleste, tel que Dieu avait rêvé pour moi. Je connaissais les deux saveurs, je pouvais en témoigner à mes semblables pour qu’ils croient que Jésus est le sel de la terre qui donne du goût à la vie, le pain descendu du ciel qui nourrit l’âme.

Il n’y avait pas d’exclus pour Lui, sauf ceux qui s’excluaient eux-mêmes en se pensant purs, justes, irréprochables. Il nous invitait sans cesse à être charitables entre nous, à avoir beaucoup d’indulgence pour nos errements, à ne pas juger, à exercer la miséricorde. Lui, le Saint, parlait de la sainteté comme d’une aventure qui consistait à accueillir et à aimer, même nos ennemis. « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. »

Sa vie témoignera de cet amour-don, spécialement sur la Croix ; scandale et signe du Salut. Il répondra au groupe des railleurs par cette parole de miséricorde, Lui le grand intercesseur, se mettant de leurs côtés, puisqu’Il est venu chercher et sauver ceux qui sont perdus : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Jésus n’a pas été seulement le Nazaréen qui a fait des miracles ; ceux-ci ont été les manifestations de sa bonté. Il n’a pas été un sorcier qui a accompli des prodiges au nom de Belzébuth, comme certains le croyaient. Il a annoncé le Royaume de Dieu en guérissant les malades, en purifiant les lépreux, en nommant Dieu Abba, en parlant en paraboles, en ramenant la brebis perdue, en mourant sur une croix, en ressuscitant d’entre les morts, en envoyant l’Esprit Saint.

Les apôtres et moi trouvions déroutantes certaines de ses paroles. Que penser lorsqu’Il avait dit aux grands prêtres et aux anciens du peuple que les publicains et les prostituées les précédaient dans le Royaume des cieux, parce qu’ils n’avaient pas cru à la parole de Jean Baptiste ? Jésus plaçait toujours l’amour en premier. Pouvait-on Lui reprocher d’être trop bon, à l’image de son Père ? Il nous invitait à être parfaits comme son Père, c’est-à-dire miséricordieux.

J’ai ainsi mis toute mon existence sous l’autorité du Christ et de son Royaume, je ne l’ai jamais regretté. Après sa Résurrection, Il nous ordonna d’aller en mission pour témoigner de Lui et de sa loi d’amour. Je L’ai vu une dernière fois en Galilée, à la montagne où Il nous avait ordonné de nous rendre. Il ouvrit les bras et nous donna ce dernier ordre, ultime geste d’embrassement avant de monter vers son Père et notre Père dans une lumière plus éclatante que le soleil au plus intime de nos consciences.

« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

 

Domaine public Jacques le Mineur par Rubens

Domaine public Jacques le Mineur par Rubens

9. JACQUES LE MINEUR : PREMIER ÉVÊQUE DE JÉRUSALEM

Les universitaires croient que saint Jacques le Mineur est l’auteur de « l’Épitre de saint Jacques » dans le Nouveau Testament. Après que les apôtres se soient dispersés et aient quitté Jérusalem, Jacques est resté et est devenu le premier évêque de la sainte ville. Il y est demeuré pendant plusieurs décennies avant d’être lapidé à mort par les autorités juives en l’an 62. Certaines de ses reliques reposent dans la basilique des Saints-Apôtres à Rome. Sa tombe serait localisée dans la cathédrale de Saint-Jacques à Jérusalem.

By Zvonimir Atletic | Shutterstock

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10. JUDAS THADDÉE : DE L'ARMÉNIE AU LIBAN

C’est l’apôtre « oublié » à cause de son nom, similaire à celui de Judas Iscariote. Saint Judas a proclamé l’Évangile dans divers endroits. L’Église arménienne l’appelle « l’apôtre des Arméniens ». Il est mort en martyr dans les environs de l’an 65 à Beyrouth au Liban. Ses reliques sont actuellement conservées dans la basilique de Saint-Pierre de Rome.

CC/Wikimedia

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11. SIMON LE ZÉLOTE : DE L'ARMÉNIE AU LIBan

Simon est souvent représenté avec Judas Thaddée et, d’après certains, ils auraient prêché ensemble. Cela est en partie dû à une tradition qui dit qu’ils sont tous deux morts en martyrs à Beyrouth la même année. Une partie de ses reliques seraient dans la basilique de Saint-Pierre de Rome.

Workshop of Simone Martini | PD Wikimedia Commons

Workshop of Simone Martini | PD Wikimedia Commons

12. MATTHIAS : DE LA MER CASPIENNE À COLCHIDE

Après avoir été choisi comme « apôtre de remplacement », une tradition veut que Matthias ait fondé une église à Cappadoce et prêché auprès de chrétiens sur les côtes de la mer Caspienne. Il serait mort en martyr décapité à la hache à Colchide, aux mains des nombreux païens locaux. Une partie de ses reliques auraient été apportées à Rome par sainte Hélène.

Public Domain

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Saints Simon et Jude, apôtres vaillants et courageux

Jacques Gauthier | 28 octobre 2015

L’Église associe ces deux apôtres dans la liturgie, car ils apparaissent toujours ensemble dans la liste des Douze et nous avons très peu de renseignements les concernant.

« En ces jours-là, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres : Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, qui devint un traître » (Luc 6, 12-16).

Simon et Jude sont les moins connus des apôtres, même s’ils ont accompagné Jésus pendant sa vie publique. Je les fais parler dans mon livre Jésus raconté par ses proches. Selon la tradition, ils auraient évangélisé ensemble la Perse et y seraient morts martyrs. Jude est plus populaire que Simon auprès des fidèles puisqu’il est considéré comme le saint protecteur des causes difficiles ou désespérées.

Simon le Zélote

Simon est un Judéen. Matthieu et Marc le surnomment « le cananéen » (Mt 10, 4; Mc 3, 18). Luc l’appelle « le Zélote », non seulement parce qu’il est vaillant, mais parce qu’il a probablement fréquenté le groupe des zélotes qui luttait contre l’envahisseur romain. Benoît XVI apporte une nuance : « En réalité, les deux qualificatifs sont équivalents, car ils signifient la même chose. En hébreu, en effet, le verbe kana veut dire ‘être jaloux, passionné’. Il est donc bien possible que ce Simon, s’il n’appartient pas proprement au mouvement nationaliste des zélotes, ait été au moins caractérisé par un zèle ardent pour l’identité juive, donc pour Dieu, pour son peuple et pour la loi divine » (Audience du 11 octobre 2006).

Et le Pape émérite de conclure que Simon se situe aux antipodes du publicain Matthieu, qui était impur selon la loi juive. Jésus appelle qui il veut et il soude dans un même groupe des hommes très différents pour travailler ensemble à son royaume d’amour qui n’est pas terrestre mais spirituel.

Comme les autres apôtres, Simon a suivi Jésus dans son ministère de prédication. Plus que des idées, le Galiléen rendait libre par ce qu’il était. Il faisait vivre de la vie même de Dieu. Simon a vu ses miracles qui témoignaient de la présence de Dieu, au-delà de tout mérite et de tout légalisme. Ils suscitaient l’enthousiasme et cachaient une autre puissance, celle de l’amour. Le Zélote en aura été témoin jusqu’à la fin de sa vie, devenant un écho vibrant au cœur doux et humble de Jésus.

Jacob Jordaens

Jacob Jordaens

Pourquoi y-a-t-il douze apôtres mais seulement quatre évangélistes ?

Jorge Luis Zarazúa | 22 janvier 2017

Le commandement de Jésus aux apôtres n’était pas d’écrire mais de prêcher l’Évangile. Seuls quelques uns et leurs plus proches collaborateurs ont « fait du zèle ».

Commençons par clarifier le terme « évangile » et quelques autres points importants.

Que signifie « évangile » ?

Le terme « évangile » signifie étymologiquement « bonne nouvelle ». Mais dans le sens qui nous intéresse ici, il se réfère à un genre littéraire du Nouveau Testament, qui vise à stimuler et encourager la foi des communautés chrétiennes, en présentant Jésus comme Messie (le Christ, celui a reçu l’onction divine) et Fils de Dieu (Mc 1, 1 ; Mt 1, 16 ; Jn 20, 30-31) à travers ses paroles et ses actions les plus significatives (Luc 1, 1-4 ; Actes 1, 1-2), en particulier sa Passion, sa mort et sa résurrection.

Combien d’évangiles y a-t-il en tout ?

Pour répondre à cette question, il est important de faire la distinction entre deux types d’évangiles : les évangiles canoniques et les évangiles apocryphes ou extra-canoniques (en dehors du canon).

Quatre seulement sont canoniques et sont contenus dans le Nouveau Testament : ceux de Matthieu, Marc, Luc et Jean. Les extra-canoniques sont beaucoup plus nombreux.

Les évangiles canoniques ont été retenus par l’Église car y reflètent fidèlement la foi chrétienne vécue, professée et proclamée par les communautés fondées par les apôtres et leurs plus proches collaborateurs et disciples. Les évangiles apocryphes ou extra-canoniques ne sont pas admis parmi eux car ils présentent des déformations sensibles de la personne de Jésus et de son message de salut.

Comment sont nés les Évangiles ?

Ils ont été composés en trois étapes :

1. La vie publique de Jésus (27-30 de notre ère). Les premiers événements se sont produits. La foule a reçu les enseignements de Jésus. Son parcours sur Terre s’achève par sa Passion, sa mort et sa résurrection (le mystère pascal).

2. La génération apostolique. Temps de la mission des apôtres, des disciples et de leurs associés les plus proches (années 30 à 70). Par à la prédication, ils formaient des communautés chrétiennes, où la foi est maintenue intacte et les actions et les paroles de Jésus sont transmis.

On connaît une partie des textes qui circulaient à cette époque. Il sont les plus anciens mais figurent après les évangiles dans le Nouveau Testament : les épitres ou lettres. La foi des premiers chrétiens repose alors principalement sur le témoignage oral des contemporains du Christ : discours, récit des paraboles, des miracles, des conflits et autres événements faciles à retenir. Les apôtres privilégient la rencontre personnelle pour communiquer la bonne nouvelle, à l’exemple du Maître : « Amen, amen, je te le dis : nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage » (Jean 3, 11). Les premiers textes qui bâtiront le corpus de certains évangiles sont écrits à cette époque notamment celui de Marc, secrétaire et disciple de Pierre.

3. La deuxième génération chrétienne (années 70 à 100). Après la mort des apôtres (sauf Jean qui meurt à Éphèse autour de l’an 100) et de tous ceux qui connurent Jésus, il est nécessaire de coucher par écrit le dépôt de la foi que les diverses communautés chrétiennes avaient fidèlement conservé : c’est la tradition. Cette tradition met l’accent sur les témoignages de Pierre, désigné « pasteur du troupeau » par le Christ lui-même (premier Pape en somme) ; de Jacques (le majeur, grand missionnaire ou le mineur, cousin de Jésus et chef de la communauté chrétienne de Jérusalem, premier évêque en quelque sorte), de Jean (le disciple bien-aimé du Seigneur, auteur du dernier évangile a être écrit) et de Paul de Tarse, « l’apôtre des gentils » qui évangélise le monde romain méditerranéen.

Voici comment Irénée de Lyon, deuxième évêque de la capitale des Gaules, disciple d’un compagnon de l’apôtre Jean, résume la rédaction des évangiles vers l’an 180 dans son ouvrage Contre les hérésies (IIIe vol.)  :

« Matthieu entreprit donc aussi d’écrire son Évangile chez les Hébreux et en leur propre langue, pendant que Pierre et Paul annonçaient l’évangile à Rome et y fondaient l’Église. D’un autre côté, après leur départ, Marc, le disciple et l’interprète de Pierre, nous transmit lui aussi par écrit ce que son maître prêchait, et Luc, le compagnon de Paul, mit dans un livre, l’évangile que celui-ci annonçait. Ensuite Jean, le disciple du Seigneur, qui a reposé sur sa poitrine, publia lui aussi l’Évangile, tandis qu’il habitait à Éphèse en Asie.»

Le commandement de Jésus aux apôtres n’était pas d’écrire, mais de prêcher l’Évangile et de faire des disciples :

« Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé » (Mt 28, 18-22). « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création » (Mc 16, 15). « Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Actes 1, 8).

Seuls quelques apôtres et leurs plus proches collaborateurs ont ressenti le besoin d’écrire un évangile.

L’Évangile selon Jean dit explicitement:

« Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. » (Jean 20, 30-31).

Et Luc, un médecin, disciple et compagnon de saint Paul, exprime bien pourquoi il a écrit son Évangile :

« Beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole. C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus. » (Luc 1, 3-4)

Voilà pourquoi le Nouveau Testament ne compte que quatre évangiles tandis que Jésus a désigné douze apôtres.

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