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En Quête ou Enquête de Foi ?

Parution d'articles de presse web concernant édifices religieux, œuvres d'arts ou manifestations chrétiennes.

La véritable histoire des apparitions de la Vierge de Guadalupe (Aleteia)

SPIRITUALITÉ

La véritable histoire des apparitions de la Vierge de Guadalupe

La rédaction d'Aleteia - Publié le 12/12/13 - Mis à jour le 11/12/20

Grâce à l'image qu'elle a laissée sur le manteau de Juan Diego, la Vierge de Guadalupe a suscité au XVIe siècle la conversion massive des Indiens. Aujourd'hui, Notre-Dame de Guadalupe est la basilique la plus visitée au monde après Saint-Pierre de Rome.

Après l’arrivée des Espagnols au Mexique et la chute de la domination Nahuas en 1521, les rites religieux des aztèques cessent, tout comme les sacrifices humains offerts pour nourrir leurs dieux et permettre à l’univers de perdurer. Ces derniers n’étant plus nourris, les autochtones craignent un cataclysme et la fin de ce monde avec l’avènement de l’ère du « cinquième soleil ». Toute leur vie étant ordonnée au service des dieux et au maintien de l’univers, ils en sont traumatisés, leur existence n’ayant plus de sens.

Un petit groupe de douze missionnaires franciscains arrivés en 1524 commencent, avec certains missionnaires déjà présents comme le célèbre frère Pedro de Gante, à évangéliser les millions d’autochtones du vieil empire aztèque qu’ils ne parviennent pas à détacher de leurs dieux. En tâchant également de les protéger des mauvais traitements des « encomenderos » (colon espagnol), les missionnaires sont persécutés par leurs propres compatriotes catholiques. Par haine, arrogance et convoitise, la communauté espagnole s’entre-déchire. Le premier gouvernement a beaucoup nuit au processus d’évangélisation. Dans ce contexte, le premier évêque de Mexico, Juan de Zumárraga, franciscain, écrit en 1529 au roi (cachant le manuscrit dans une bougie de suif) : « Si Dieu n’intervient pas pour que soit immédiatement apporté un remède, cette terre est menacée d’être perdue à tout jamais… ».

Quelques années après, le 9 décembre 1531, sur la colline de Tepeyac au nord de Mexico, une jeune métis au vêtement brillant comme le soleil apparaît à l’indigène Juan Diego, récemment baptisé. Se révélant à lui comme la Vierge Marie, elle le charge de demander à l’évêque de faire construire une église en ce lieu. Mgr Zumárraga, sceptique, demande un signe. Le 12 décembre — date retenue par l’Église universelle pour fêter Notre Dame de Guadalupe — se montrant pour la dernière fois à Juan Diego, Marie l’envoie cueillir des fleurs au sommet aride et gelé du Tepeyac. Il y remplit sa tilma des plus belles fleurs qu’il ait jamais vues.

De retour chez l’évêque pour les lui offrir, Juan Diego ouvre sa tilma découvrant alors une extraordinaire image de la Vierge, comme imprimée dans l’étoffe. Le 26 décembre, un autre phénomène se produit : lors de la procession qui conduit l’image à la nouvelle chapelle du Tepeyac, un Indien en train de marcher en dansant est accidentellement tué par une flèche. Il aurait été déposé au pied de la tilma et serait ressuscité.

Ce portrait, composé de symboles propres à leur religion et à leur culture, pouvait être décrypté par tous les Indiens : Marie, qui porte les traits d’une jeune métisse, s’y présente comme la mère du Dieu unique venue jusqu’à eux pour demander la réconciliation entre Indiens et Espagnols. Les experts s’accordent à dire que l’image de la Vierge de Guadalupe sur la tilma de Juan Diego est formée d’un ensemble de symboles que les Indiens pouvaient comprendre facilement. Le premier étant la présence de cette image sur le simple manteau d’un pauvre indien.

L’image représente une jeune fille, métisse par son visage et par la différence de ses deux mains, l’une étant plus blanche et plus fine que l’autre, signifiant ainsi l’appartenance à deux races distinctes. À l’époque, les enfants nés de l’union entre un Espagnol et une femme autochtone se trouvaient rejetés de tous.

Par ses mains jointes et ses genoux pliés comme en mouvement, Notre Dame de Guadalupe est représentée dans une posture de prière dansante, la plus haute façon de prier pour les Nahuas. À son cou, le médaillon avec une croix dit qu’elle est de cette religion chrétienne qu’ont apporté les Espagnols. La couleur bleu de son manteau indique son rang royal. Par l’inclination du visage et le regard de biais, elle est toute attention bienveillante à ceux qui la supplient.

Sur son ventre, le symbole le plus sacré, la fleur à quatre pétales, Nahui Ollin, manifeste la présence de Omeolt, le dieu suprême et inaccessible des Nahuas, le maître de toutes choses, au sein duquel tous les contraires s’harmonisent et dont les autres dieux ne sont, en définitive, que des manifestations. Le ruban qu’elle porte en haut du ventre témoigne qu’elle est enceinte tandis que ses cheveux pendants signifient sa virginité. Tout en étant enrobée du soleil, qui lui fait une aura lumineuse, son manteau est couvert d’étoiles : la Vierge réconcilie les ennemis de la grande guerre céleste qui obligeait les aztèques à alimenter le soleil en sacrifices humains. C’est le début d’une ère nouvelle. Ses pieds posés au centre de la lune, Mexico, étymologiquement « dans le nombril de la lune », indiquent là où le Dieu suprême qu’elle porte veut résider.

Antoine Mekary | ALETEIA

Antoine Mekary | ALETEIA

Après l’apparition de Notre Dame de Guadalupe, la conversion des Indiens est massive et volontaire. C’est de là qu’est né le peuple mexicain, profondément catholique. L’influence de l’apparition s’étend à tout le continent. Jusqu’à aujourd’hui, le caractère extraordinaire de l’image de la Vierge de Guadalupe ne cesse d’alimenter la dévotion, la recherche, les débats, la polémique.

Suite à l’apparition de la Vierge de Guadalupe, les conversions se multiplient à un rythme qui déroute les missionnaires franciscains. Les autochtones viennent même de très loin pour recevoir le baptême. Ainsi, en 1539, neuf ans après l’apparition, près de neuf millions d’indiens sont déjà convertis. Quant aux espagnols, de nombreux documents témoignent du renouveau de dévotion qui les incite à se rendre en grand nombre contempler l’image de Notre-Dame de Guadalupe. En prenant ce nom, transcrit tel quel dans le récit originaire en langue nahuatl qui était très honoré des espagnols et étranger aux indiens, la Vierge indiquait à tous son appartenance religieuse. L’influence de l’apparition fut telle qu’elle ne se limita pas à la seule nation mexicaine mais s’étendit à tout le continent. En 1946, Pie XII la proclame patronne des Amériques. Et pour le pape Jean Paul II, elle demeure « le grand exemple d’évangélisation parfaitement acculturée ».

Les exemples de sa présence dans la vie de ce pays sont nombreux, à tel point qu’on la surnomme la « Vierge qui a modelé une patrie » : le Mexique.

À l’heure actuelle, le Mexique n’est plus indien ou espagnol mais dans sa très grande majorité métis. À l’époque, les enfants métis, objets de honte, se voyaient abandonnés. Par son aspect métis, signifiant l’union des deux peuples, la Vierge montre que ce qui pour les hommes était honteux avait une grande valeur à ses yeux. Considérée ensuite comme l’origine et la protectrice de ce nouveau peuple, elle devient l’étendard de différentes causes tout au long de l’histoire nationale du Mexique. Le 16 septembre 1810, quelques heures après le « cri de Dolores », le curé de ce village (aujourd’hui Dolores de Hidalgo, près de la montagne du Christ-Roi dans l’état de Guanajuato), le prêtre Miguel Hidalgo y Costilla dit le « Père de la Patrie » – , prit un tableau de la Vierge de Guadalupe au sanctuaire d’Atotonilco et le transforma en étendard de l’armée des insurgés, faisant de la Vierge la patronne de l’indépendance du Mexique. Les exemples de sa présence dans la vie de ce pays sont nombreux, à tel point qu’on la surnomme la « Vierge qui a modelé une patrie » : le Mexique.

Cette image a pour support un vêtement qui est toujours intact alors que le tissu végétal aurait dû se désagréger en une vingtaine d’années. De plus, l’image est « peinte » sur le tissu sans aucun enduit préalable, chose normalement impossible. Mis à part les retouches, on n’y distingue aucun coup de pinceau. La technique moderne a révélé d’autres caractéristiques troublantes. Le caractère extraordinaire de cette image ne cesse, encore aujourd’hui, d’attirer les foules, d’alimenter recherches, débats et polémiques.

Parmi les nombreuses apparitions mariales qu’on compte à travers le monde, celle de Notre Dame de Guadalupe au Mexique reste l’une des plus remarquables : Marie intervient ici au tournant de l’histoire d’un peuple et d’un continent pour en modifier le cours. L’étude de cet événement est pleine d’intérêt et d’enseignement pour le croyant comme pour le non-croyant.

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