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En Quête ou Enquête de Foi ?

Parution d'articles de presse web concernant édifices religieux, œuvres d'arts ou manifestations chrétiennes.

Le courage créatif de saint Joseph (Aleteia)

© Pascal Deloche / GODONG - Saint Joseph.

© Pascal Deloche / GODONG - Saint Joseph.

TRIBUNES

Le courage créatif de saint Joseph

Père Christian Venard - Publié le 14/12/20

En confirmant la place centrale de saint Joseph dans l’histoire du Salut, le pape François montre comment Dieu a choisi le pouvoir créatif des plus humbles pour renverser la logique écrasante de la force et de la puissance.

Le pape François n’a pas fini de nous surprendre. Souvent présenté, dans l’Église comme dans les grands médias internationaux, comme le chantre du progressisme, ne voilà-t-il pas, que ce Pape publie, en la solennité de l’Immaculée conception, une lettre apostolique — Patris corde — « à l’occasion du 150e anniversaire de la déclaration de saint Joseph comme patron de l’Église universelle », mettant à l’honneur une des dévotions les plus « vieillottes » en apparence de la foi catholique, marquée par l’esprit sulpicien fin XIXe !

Avouons-le, depuis le dernier concile du Vatican, on ne peut pas dire que la dévotion à saint Joseph ait été beaucoup illustrée dans le catholicisme français. Le pape François rappelle néanmoins qu’il s’inscrit dans la démarche et la foi de ses prédécesseurs qui « ont approfondi le message contenu dans les quelques données transmises par les Évangiles pour mettre davantage en évidence son rôle central dans l’histoire du salut : le bienheureux Pie IX l’a déclaré Patron de l’Église catholique, le vénérable Pie XII l’a présenté comme Patron des travailleurs, et saint Jean Paul II comme Gardien du Rédempteur. Le peuple l’invoque comme Patron de la bonne mort ».

Le souci des humbles

La réflexion du Saint-Père « a mûri au cours de ces mois de pandémie durant lesquels nous pouvons expérimenter, en pleine crise qui nous frappe, que nos vies sont tissées et soutenues par des personnes ordinaires, souvent oubliées… ». Le pape François souhaite rendre hommage à tous ceux qui, au quotidien, s’engagent au service de leurs frères et de la société, loin des caméras, du cirque politico médiatique. Il a voulu leur faire part de « réflexions personnelles », pour les encourager et les soutenir : « Nous pouvons tous trouver en saint Joseph l’homme qui passe inaperçu, l’homme de la présence quotidienne, discrète et cachée, un intercesseur, un soutien et un guide dans les moments de difficultés. Saint Joseph nous rappelle que tous ceux qui, apparemment, sont cachés ou en “deuxième ligne” jouent un rôle inégalé dans l’histoire du Salut. À eux tous, une parole de reconnaissance et de gratitude est adressée ».

Ne serait-ce que pour cela, que notre Pape trouve ici notre gratitude pour son souci des humbles, des cachés de l’histoire officielle, de ceux qui, en vérité par un engagement humain personnel, tissent, malgré tout, les liens dont nos sociétés individualistes ont tant besoin.

Accueillir sa propre faiblesse

Dans un passage d’une grande finesse psychologique et spirituelle, le Saint-Père explique : « Le Malin nous pousse à regarder notre fragilité avec un jugement négatif. Au contraire, l’Esprit la met en lumière avec tendresse. La tendresse est la meilleure manière de toucher ce qui est fragile en nous. Le fait de montrer du doigt et le jugement que nous utilisons à l’encontre des autres sont souvent un signe de l’incapacité à accueillir en nous notre propre faiblesse, notre propre fragilité. Seule la tendresse nous sauvera de l’œuvre de l’Accusateur (cf. Ap 12, 10). C’est pourquoi il est important de rencontrer la Miséricorde de Dieu, notamment dans le Sacrement de la Réconciliation, en faisant une expérience de vérité et de tendresse. 
En quelques lignes, le Pape confond l’esprit du monde — dont nous connaissons le prince —, esprit qui voudrait que la force seule permette de vaincre. L’accueil en nous de nos propres fragilités et faiblesses, sous le tendre regard de Jésus, est condition sine qua non pour la charité envers notre prochain. Cette expérience se vit en particulier dans le sacrement de la pénitence. Évoquer le risque de la tendresse est ainsi d’une particulière intensité.

Transformer un  problème en solution

Le pape François entend bien à travers ce texte redonner courage aux simples fidèles que nous sommes : « Une lecture superficielle de ces récits donne toujours l’impression que le monde est à la merci des forts et des puissants. Mais la « bonne nouvelle » de l’Évangile est de montrer comment, malgré l’arrogance et la violence des dominateurs terrestres, Dieu trouve toujours un moyen pour réaliser son plan de Salut. Même notre vie semble parfois à la merci des pouvoirs forts. Mais l’Évangile nous dit que, ce qui compte, Dieu réussit toujours à le sauver à condition que nous ayons le courage créatif du charpentier de Nazareth qui sait transformer un problème en opportunité, faisant toujours confiance à la Providence. » Quelle espérance en ces lignes, pour nous qui, en effet, avons trop souvent le sentiment que nos vies sont désormais à la merci de forces qui nous écrasent. Le Saint-Père nous invite au courage « créatif » (comme les amis du paralytique qui finissent par passer par le toit de la maison !).

Avec ce texte très fort, le pape François se place bien au-dessus des querelles habituelles dans lesquelles, trop souvent, les commentateurs analysent son pontificat, sa politique, ses gestes et ses déclarations. Comme pour tous les papes, c’est bien là que nous l’attendons, comme un Père qui « ouvre toujours tout grand des espaces à l’inédit ».

En images : les plus belles représentations de saint Joseph

Apparition de l'ange à Saint Joseph, Georges de La Tour, vers 1640, Musée des Beaux-arts, Nantes Trois fois en songe, Joseph a reçu la visite d'un ange lui ordonnant, la première fois, d'épouser Marie, la deuxième de fuir en Égypte et la troisième, de revenir dans son pays après la mort d'Hérode. De quel songe s'agit-il ici ? Dans cette œuvre célèbre, tout en apesanteur, Georges de la Tour semble avoir peint le silence. Dans l'ombre, l'ange s'approche discrètement de Joseph endormi et lui délivre son message. Ce dernier s'est endormi devant son livre et a laissé la chandelle allumée. Symbole de la lumière divine que l'on ne peut regarder directement, la flamme est cachée derrière l'ange. + © Domaine Public

Apparition de l'ange à Saint Joseph, Georges de La Tour, vers 1640, Musée des Beaux-arts, Nantes Trois fois en songe, Joseph a reçu la visite d'un ange lui ordonnant, la première fois, d'épouser Marie, la deuxième de fuir en Égypte et la troisième, de revenir dans son pays après la mort d'Hérode. De quel songe s'agit-il ici ? Dans cette œuvre célèbre, tout en apesanteur, Georges de la Tour semble avoir peint le silence. Dans l'ombre, l'ange s'approche discrètement de Joseph endormi et lui délivre son message. Ce dernier s'est endormi devant son livre et a laissé la chandelle allumée. Symbole de la lumière divine que l'on ne peut regarder directement, la flamme est cachée derrière l'ange. + © Domaine Public

Le songe de saint Joseph par Daniel Crespi, vers 1620-1630, musée d'Histoire de l'art, Vienne, Autriche Dans son atelier de charpentier, alors qu'il est assoupit, Joseph reçoit en songe le second message de l'ange envoyé par Dieu : "Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr". Ce songe de Joseph compte parmi les chefs-d’œuvre de Crespi. L'ange, rayonnant de beauté et superbement vêtu d'un voile rouge rutilant, occupe le centre du tableau. Il parle à Joseph dans son dos — un songe n'étant pas une vision —  et désigne du doigt, dans la pièce à côté, Marie veillant sur l'Enfant-Jésus à la lueur d'une bougie. Celui-ci est paisiblement endormi dans un berceau en forme de calice.

Le songe de saint Joseph par Daniel Crespi, vers 1620-1630, musée d'Histoire de l'art, Vienne, Autriche Dans son atelier de charpentier, alors qu'il est assoupit, Joseph reçoit en songe le second message de l'ange envoyé par Dieu : "Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr". Ce songe de Joseph compte parmi les chefs-d’œuvre de Crespi. L'ange, rayonnant de beauté et superbement vêtu d'un voile rouge rutilant, occupe le centre du tableau. Il parle à Joseph dans son dos — un songe n'étant pas une vision — et désigne du doigt, dans la pièce à côté, Marie veillant sur l'Enfant-Jésus à la lueur d'une bougie. Celui-ci est paisiblement endormi dans un berceau en forme de calice.

Saint Joseph avec l'Enfant-Jésus, Guido Reni, 1620, musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg Il est rare de découvrir dans la peinture occidentale une représentation centrée autour de saint Joseph et l'Enfant-Jésus. Et pourtant, voilà un sujet cher à Guido Reni qu'il a représenté à plusieurs reprises. Peint en vieillard, Joseph berce tranquillement l'Enfant dans ses bras. Une volonté de mettre en avant la figure paternel, si souvent reléguée au second plan ? Mais où sont-ils ? La présence de Marie, en arrière plan, au milieu de la nature, laisse deviner que la Sainte Famille fait une pause durant la longue route qui les mène en Égypte. - © Wikipedia PD

Saint Joseph avec l'Enfant-Jésus, Guido Reni, 1620, musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg Il est rare de découvrir dans la peinture occidentale une représentation centrée autour de saint Joseph et l'Enfant-Jésus. Et pourtant, voilà un sujet cher à Guido Reni qu'il a représenté à plusieurs reprises. Peint en vieillard, Joseph berce tranquillement l'Enfant dans ses bras. Une volonté de mettre en avant la figure paternel, si souvent reléguée au second plan ? Mais où sont-ils ? La présence de Marie, en arrière plan, au milieu de la nature, laisse deviner que la Sainte Famille fait une pause durant la longue route qui les mène en Égypte. - © Wikipedia PD

La Sainte Famille au petit oiseau, 1645-1650, Musée du Prado, Madrid Durant toute sa carrière, Murillo s'efforça d'humaniser le divin comme dans la Sainte Famille au petit oiseau. Loin des représentations habituelles qui mettent généralement en valeur la Vierge et l'Enfant, c'est ici Joseph qui prend la place principale. Assis au centre, il soutient, dans un geste de tendresse, l'Enfant qui joue avec un petit chien prêt à attraper l'oiseau que Jésus tient dans sa main. En arrière plan, la Vierge, occupée dans les tâches quotidiennes, regarde avec douceur la scène qui se déroule sous ses yeux. C'est avec beaucoup de naturel que Murillo arrive, ainsi, à transposer une scène biblique dans une environnement qui lui est familier. + © Domaine public

La Sainte Famille au petit oiseau, 1645-1650, Musée du Prado, Madrid Durant toute sa carrière, Murillo s'efforça d'humaniser le divin comme dans la Sainte Famille au petit oiseau. Loin des représentations habituelles qui mettent généralement en valeur la Vierge et l'Enfant, c'est ici Joseph qui prend la place principale. Assis au centre, il soutient, dans un geste de tendresse, l'Enfant qui joue avec un petit chien prêt à attraper l'oiseau que Jésus tient dans sa main. En arrière plan, la Vierge, occupée dans les tâches quotidiennes, regarde avec douceur la scène qui se déroule sous ses yeux. C'est avec beaucoup de naturel que Murillo arrive, ainsi, à transposer une scène biblique dans une environnement qui lui est familier. + © Domaine public

Saint Joseph charpentier, Georges de la Tour, entre 1638 et 1645, musée du Louvre, Paris Attaché au thème de la Sainte Famille et jouant, comme à son habitude, sur les effets de clair-obscur, Georges de la Tour a ici représenté l'Enfant Jésus apprenant le métier de charpentier auprès de Joseph. Ce dernier est vêtu simplement avec une chemise, un tablier et des socques. Vu de trois-quarts, il est penché vers l'avant et perce avec une tarière une pièce de bois. Par apposition à Joseph, le visage de l'Enfant parait moins humain et plus mystique. Une dimension divine accentuée par la flamme qui éclaire son visage.   + © Domaine Public

Saint Joseph charpentier, Georges de la Tour, entre 1638 et 1645, musée du Louvre, Paris Attaché au thème de la Sainte Famille et jouant, comme à son habitude, sur les effets de clair-obscur, Georges de la Tour a ici représenté l'Enfant Jésus apprenant le métier de charpentier auprès de Joseph. Ce dernier est vêtu simplement avec une chemise, un tablier et des socques. Vu de trois-quarts, il est penché vers l'avant et perce avec une tarière une pièce de bois. Par apposition à Joseph, le visage de l'Enfant parait moins humain et plus mystique. Une dimension divine accentuée par la flamme qui éclaire son visage. + © Domaine Public

El Greco, saint Joseph et le Christ enfant, 1599, cathédrale de Tolède, Espagne Dans la chapelle de San-José dans la cathédrale de Tolède se cache un tableau unique du Greco. Au dessus de l'autel est représenté saint Joseph tenant contre lui l'Enfant-Jésus. Ce dernier, blond, le visage humanisé, pose sa main sur la hanche de son père et regarde le spectateur. Dans un geste instinctif, l'enfant réclame la protection de son père. Une iconographie inédite pour l'époque. Au second plan, c'est la ville de Tolède que l'on aperçoit en arrière plan. + © Domaine public - Wikimedia

El Greco, saint Joseph et le Christ enfant, 1599, cathédrale de Tolède, Espagne Dans la chapelle de San-José dans la cathédrale de Tolède se cache un tableau unique du Greco. Au dessus de l'autel est représenté saint Joseph tenant contre lui l'Enfant-Jésus. Ce dernier, blond, le visage humanisé, pose sa main sur la hanche de son père et regarde le spectateur. Dans un geste instinctif, l'enfant réclame la protection de son père. Une iconographie inédite pour l'époque. Au second plan, c'est la ville de Tolède que l'on aperçoit en arrière plan. + © Domaine public - Wikimedia

La mort de saint Joseph, Jacques Stella, première moitié du XVIIe siècle, Musée des Beaux-Arts, Grenoble Si Joseph est mentionné pour la toute dernière fois dans la Bible lors du pèlerinage familial à Jérusalem, les artistes se sont plus à le représenter au moment de sa mort, entouré de Marie et Jésus pour montrer le lien indéfectible qui unissait les membres de la Sainte Famille. Jacques Stella a ainsi représenté Joseph mourant, le teint livide. Face à lui, des anges viellent sur les derniers instants du vieillard. Tandis que Marie est affligée, Joseph se penche vers son fils et semble lui donner ses dernières recommandations. + © Domaine public, Tylwyth Eldar,

La mort de saint Joseph, Jacques Stella, première moitié du XVIIe siècle, Musée des Beaux-Arts, Grenoble Si Joseph est mentionné pour la toute dernière fois dans la Bible lors du pèlerinage familial à Jérusalem, les artistes se sont plus à le représenter au moment de sa mort, entouré de Marie et Jésus pour montrer le lien indéfectible qui unissait les membres de la Sainte Famille. Jacques Stella a ainsi représenté Joseph mourant, le teint livide. Face à lui, des anges viellent sur les derniers instants du vieillard. Tandis que Marie est affligée, Joseph se penche vers son fils et semble lui donner ses dernières recommandations. + © Domaine public, Tylwyth Eldar,

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