Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
En Quête ou Enquête de Foi ?

Parution d'articles de presse web concernant édifices religieux, œuvres d'arts ou manifestations chrétiennes.

Déployer les qualités de son âme, le meilleur moyen pour rayonner (Aleteia)

Mame I Eric Puybaret Illustration d'Eric Puybaret pour le livre de Judith Bouilloc, Le Château intérieur (Mame).

Mame I Eric Puybaret Illustration d'Eric Puybaret pour le livre de Judith Bouilloc, Le Château intérieur (Mame).

SPIRITUALITÉ

Déployer les qualités de son âme, le meilleur moyen pour rayonner

 

Mathilde de Robien - Publié le 01/02/21

Qu’est-ce qu’une belle âme ? Comment travailler à rendre son âme plus belle ? Marion Lucas, docteur en philosophie, apporte de précieux éléments de réponse en s’appuyant sur les travaux d’Edith Stein.

Très jeune, Édith Stein, celle qui deviendra sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, a l’intuition que la vie ne se limite pas à ce qui est « perceptible en surface » mais que toute personne humaine est appelée à y trouver un sens. Un sens qui s’est imposé à elle notamment à la lecture de l’autobiographie de sainte Thérèse d’Avila, un soir d’été 1921, et qui l’a amenée à se convertir à la foi catholique. « La vie remplie de sens est une vie débordante et rayonnante », écrit-elle dans Etre fini et être éternel. Pour ce faire, elle invite à déployer les qualités de l’âme en lien avec son individualité intangible, à la rendre belle, c’est-à-dire en accord avec ce qu’elle doit être. Ce que seule peut accomplir la grâce divine, à laquelle l’homme participe en vertu de sa liberté, autrement dit, par les efforts qu’il consent à faire.

Une belle âme est une âme qui cherche à se déployer

« On arrive au monde avec un certain devoir d’accomplissement », souligne Marion Lucas, docteur en philosophie, spécialiste et grande admiratrice d’Edith Stein. En effet, à défaut de pouvoir se créer, l’âme peut se déployer. Et « plus la personne humaine se déploie fidèlement à son essence, plus elle est belle, et plus elle est libre », précise la philosophe. Une quête de perfection qui ne vise rien d’autre que le consentement à ce que la personne doit être. « Lorsque l’étant est ce qu’il doit être (c’est-à-dire qu’il possède la vérité de son essence), il est aussi réellement bon (il possède le bien de son essence) et selon le domaine auquel il appartient il est vraiment saint, beau, noble ou utile », écrit Edith Stein. Cette perfection, pour la personne humaine, c’est la sainteté.

Sous perfusion de la grâce

Comment atteindre la sainteté ? Qu’est-ce qui peut réellement favoriser le déploiement des qualités de l’âme ? C’est la grâce. « La grâce est effective, efficace, elle nous change dans la mesure où nous répondons à cet appel qu’est justement la grâce », explique Marion Lucas. « Sous perfusion de la grâce, l’âme s’embellit ». D’où l’importance d’organiser sa journée pour laisser place à la réception de la grâce, notamment à travers l’oraison. « L’oraison a pour but de trouver Dieu en soi, puis de mettre Dieu au monde à travers nos actes », précise la philosophe. Chaque personne est appelée à être vecteur de la grâce pour autrui et pour le monde. Une grâce qui peut faire tâche d’huile autour de soi et qui ajoute de la beauté au monde qui nous entoure. La grâce agit donc à deux niveaux : en soi, et sur le monde. Ce qui amène Edith Stein à développer tout l’enjeu de la grâce dans l’éducation, nos enfants pouvant bénéficier de cette grâce qui nous transforme, étant aux premières loges en quelque sorte pour y goûter. Il s’agit, pour Edith Stein, « de faire passer la richesse de son âme dans l’âme de son enfant », explique Marion Lucas. « Etre une mère, c’est-à-dire prodiguer des soins à la véritable nature humaine et la protéger et la faire s’épanouir ; or, cela requiert de nouveau qu’on la détienne soi-même » (La Femme, cours et conférences).

Demeurer maître de sa vie intérieure

A l’instar de sainte Thérèse d’Avila et de son Château intérieur, Edith Stein propose de cultiver son intériorité et d’envisager la vie par rapport à son intériorité la plus profonde. « C’est dans l’intériorité qu’on saisit intérieurement l’essence de l’âme », écrit-elle. La recherche d’un certain équilibre humain et spirituel est donc nécessaire. Certaines choses entrent dans l’âme et l’embellissent, quand d’autres sont dommageables et la font se rétracter. « Certaines lectures nuisent à l’âme par exemple, cela peut être le cas de l’actualité, tout ne me fait pas du bien, certaines informations peuvent me rendre nerveuse, tendue et cela a un impact sur l’atmosphère environnante », explique Marion Lucas, tandis qu’Edith Stein, au contraire, invite à être comme un « bon génie exerçant partout une action bienfaisante ». Un équilibre intérieur auquel elle invite tout particulièrement les femmes en tant qu’épouses. « Être une compagne, c’est-à-dire un appui et un soutien ; or, pour pouvoir l’être, il faut qu’elle soit elle-même solidement ancrée ; mais ce n’est possible que si tout est bien ordonné et équilibré intérieurement ».

Marion Lucas interviendra le vendredi 12 mars prochain dans le cadre des conférences en ligne « Etre femme » sur le thème : Le mystère d’une belle âme.

Les sept demeures de notre château intérieur, selon sainte Thérèse d'Avila :

Première demeure : l’entrée en prière  La porte du château, c’est la prière. Comment entrer ? Il suffit d’imiter le jeune Juan : « Il s’assit à l’écart, dans l’herbe. Les paupières closes, il sentit le souffle du vent qui agitait les feuilles des arbres. Il se ferma totalement aux bruits extérieurs pour se concentrer sur celui qui habitait son cœur. Il pensa à Dieu dont il se savait aimé. Il y pensa intensément en lui confiant ses espoirs et ses questions ». + © Mame I Eric Puybaret

Première demeure : l’entrée en prière La porte du château, c’est la prière. Comment entrer ? Il suffit d’imiter le jeune Juan : « Il s’assit à l’écart, dans l’herbe. Les paupières closes, il sentit le souffle du vent qui agitait les feuilles des arbres. Il se ferma totalement aux bruits extérieurs pour se concentrer sur celui qui habitait son cœur. Il pensa à Dieu dont il se savait aimé. Il y pensa intensément en lui confiant ses espoirs et ses questions ». + © Mame I Eric Puybaret

Deuxième demeure : l’antre du dragon Il s’agit ensuite de revêtir l’armure pour lutter contre le dragon, celui-là même qui cherche à nous faire sortir du château. La tristesse, la colère ou la paresse. « Revêtez l’équipement de combat donné par Dieu, afin de pouvoir tenir contre les manœuvres du diable », nous dit saint Paul (Ep 6,11). Car c’est bien un combat qui attend Juan derrière la deuxième porte, qui demande du courage et de la persévérance pour descendre dans son château intérieur.  +© Mame I Eric Puybaret

Deuxième demeure : l’antre du dragon Il s’agit ensuite de revêtir l’armure pour lutter contre le dragon, celui-là même qui cherche à nous faire sortir du château. La tristesse, la colère ou la paresse. « Revêtez l’équipement de combat donné par Dieu, afin de pouvoir tenir contre les manœuvres du diable », nous dit saint Paul (Ep 6,11). Car c’est bien un combat qui attend Juan derrière la deuxième porte, qui demande du courage et de la persévérance pour descendre dans son château intérieur. +© Mame I Eric Puybaret

Troisième demeure : la paille et la poutre « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? » a dit Jésus (Mt 7, 3). La troisième demeure est une invitation à l’humilité, condition nécessaire pour progresser dans le château. Se sentir tout petit, avoir besoin des autres et de Dieu, sont un chemin vers Dieu. + © Mame I Eric Puybaret

Troisième demeure : la paille et la poutre « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? » a dit Jésus (Mt 7, 3). La troisième demeure est une invitation à l’humilité, condition nécessaire pour progresser dans le château. Se sentir tout petit, avoir besoin des autres et de Dieu, sont un chemin vers Dieu. + © Mame I Eric Puybaret

Quatrième demeure : le murmure de l’eau Dans un magnifique jardin s’étendent deux bassins remplis d’eau, représentant deux manières différentes mais complémentaires pour se rapprocher de Dieu : « Pour l’un, l’eau vient de très loin. Elle est amenée par des engins et des canalisations. Toutes ces machines représentent tes efforts personnels pour arriver à Dieu, c’est ton esprit qui travaille et agit. Pour l’autre bassin, l’eau naît de la source même, qui est Dieu. C’est lui qui te la donne comme une grâce ». + © Mame I Eric Puybaret

Quatrième demeure : le murmure de l’eau Dans un magnifique jardin s’étendent deux bassins remplis d’eau, représentant deux manières différentes mais complémentaires pour se rapprocher de Dieu : « Pour l’un, l’eau vient de très loin. Elle est amenée par des engins et des canalisations. Toutes ces machines représentent tes efforts personnels pour arriver à Dieu, c’est ton esprit qui travaille et agit. Pour l’autre bassin, l’eau naît de la source même, qui est Dieu. C’est lui qui te la donne comme une grâce ». + © Mame I Eric Puybaret

Cinquième demeure : le dôme des papillons Les chenilles se transforment en papillon, c’est bien connu. Eh bien, il en est de même pour l’âme : elle est beaucoup plus gracieuse lorsqu’elle est transformée par l’amour de Dieu. « Le ver à soie s’enferme dans le petit cocon très serré qu’il a filé et meurt là. Il sort de ce cocon un papillon blanc, très gracieux. Il en est de même pour l’âme transformée par l’amour de Dieu ». + © Mame I Eric Puybaret

Cinquième demeure : le dôme des papillons Les chenilles se transforment en papillon, c’est bien connu. Eh bien, il en est de même pour l’âme : elle est beaucoup plus gracieuse lorsqu’elle est transformée par l’amour de Dieu. « Le ver à soie s’enferme dans le petit cocon très serré qu’il a filé et meurt là. Il sort de ce cocon un papillon blanc, très gracieux. Il en est de même pour l’âme transformée par l’amour de Dieu ». + © Mame I Eric Puybaret

Sixième demeure : Jésus Thérèse s’efface en faveur d’un nouveau guide, le Christ lui-même. « Il est la clé et l’échelle », fait dire Judith Bouilloc à Thérèse. « Ne t’éloigne jamais de lui. Ni de sa mère, Marie. La Sainte Vierge te montrera le chemin mieux que personne ». Ainsi accompagné par de puissants intercesseurs, Juan rejoint la septième demeure. + © Mame I Eric Puybaret

Sixième demeure : Jésus Thérèse s’efface en faveur d’un nouveau guide, le Christ lui-même. « Il est la clé et l’échelle », fait dire Judith Bouilloc à Thérèse. « Ne t’éloigne jamais de lui. Ni de sa mère, Marie. La Sainte Vierge te montrera le chemin mieux que personne ». Ainsi accompagné par de puissants intercesseurs, Juan rejoint la septième demeure. + © Mame I Eric Puybaret

Septième demeure : le ciel de l’âme Centre et sommet du château, la dernière demeure abrite les trois personnes de la Trinité. Après un chemin plus ou moins aride, nous sommes amenés à distinguer l’escalier secret qui grimpe jusqu’au Ciel et ainsi entrer « au cœur de son cœur », dans une relation intime avec le Seigneur. + © Mame I Eric Puybaret

Septième demeure : le ciel de l’âme Centre et sommet du château, la dernière demeure abrite les trois personnes de la Trinité. Après un chemin plus ou moins aride, nous sommes amenés à distinguer l’escalier secret qui grimpe jusqu’au Ciel et ainsi entrer « au cœur de son cœur », dans une relation intime avec le Seigneur. + © Mame I Eric Puybaret

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article