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En Quête ou Enquête de Foi ?

Le scoutisme, une école de vie (Aleteia)

© oley / Shutterstock - Photo d'illustration.

© oley / Shutterstock - Photo d'illustration.

AU QUOTIDIEN

Le scoutisme, une école de vie

 

La rédaction d'Aleteia - Publié le 22/02/21

Pour la journée mondiale du scoutisme, le 22 février, Aleteia se replonge dans la formidable aventure scoute. Des vertus structurantes, une pédagogie avant-gardiste, des relations humaines d’une grande richesse... bref, une belle école de vie dont témoignent volontiers celles et ceux qui l’ont fréquentée.

Sacré couple que formaient Robert et Olave Baden-Powell ! Si Robert Baden-Powell est mondialement connu pour avoir créé le scoutisme sur l’île de Brownsea en août 1907, son épouse, Olave, s’est investie sans compter dans le guidisme, mouvement féminin reprenant les valeurs du scoutisme. Alors que la journée mondiale du scoutisme, le 22 février, célèbre cette formidable œuvre de jeunesse, on peut se demander ce que le scoutisme est devenu, plus d’un siècle plus tard. S’agit-il d’un héritage poussiéreux et décalé en des temps où la technologie et la course au progrès ont pris une place importante dans la société, ou bien a-t-il encore sa place parmi nous ?

Jean-Jacques Goldman, Vianney, Jean Dujardin… de nombreuses personnalités sont passées par le scoutisme et leurs témoignages ne manquent pas d’enthousiasme à l’égard de cette école de la vie ! Chef scout, aventurier et écrivain, Guy de Larigaudie, mort à 32 ans pour la France le 11 mai 1940, a lui aussi marqué des générations de scouts en quête d’idéal. Porté par une incroyable joie de vivre et par le désir de Dieu, il a parcouru le monde. Dans son ouvrage Étoile au grand large, il se livre sur ses aventures, intimement liées à sa quête spirituelle.

Mais il n’est pas nécessaire d’être connu pour raconter ce qu’est le scoutisme : Grégory, Émilia, Nathan, Jean ou encore Caroline ont entre 6 et 20 ans et sont engagés dans les différents mouvements scouts que sont les Scouts unitaires de France (SUF), les Scouts et guides de France (SGDF) et les Guides et scouts d’Europe (AGSE). Ils ont pris la parole pour Aleteia afin de témoigner de ce que le scoutisme leur apporte. Pour d’autres, c’est tout simplement Dieu qu’ils ont rencontré à travers le scoutisme.

Un sens bien ancré du réel

Alors bien sûr, grand air, imaginaire et vie en collectivité étant des incontournables de la pédagogie scoute, tous les enfants ne sont pas forcément faits pour le scoutisme. Pourtant, à l’heure des jeux en ligne, des séjours à thème, des stages linguistiques et autres offres pour la jeunesse, comment expliquer que pour des centaines de milliers de jeunes scouts en France, rien ne vaut une sortie au grand air ? De milieux aisés ou fils d’ouvriers, hyper actifs, précoces, cancres, rêveurs ou sportifs accomplis, ce qui unit les scouts est un sens bien ancré du réel et une école de la vie aux vertus uniques. « Le scoutisme est avant tout une démarche de vérité et d’authenticité », résume auprès d’Aleteia le frère dominicain Yves Combeau auteur de Toujours prêts, un livre reprenant l’histoire du scoutisme catholique en France.

Une école de vie qui a ses propres codes, son propre univers… qui échappe parfois aux plus jeunes, ce qui donne lieu à de savoureuses perles. Il y a bien sûr l’uniforme, le foulard, mais aussi un langage bien précis. Azimut, explo, ban, mât, kraal… Un champ lexical dont on ne soupçonne pas forcément la richesse mais dont les chefs et cheftaines scouts veillent au bon usage. Chaque été, ce sont grâce à eux que quelque 100.000 enfants et adolescents partent sac au dos passer quelques jours, voire quelques semaines, à crapahuter dans les bois pour y vivre selon la loi scoute et découvrir un idéal de vie inspirant. Un temps précieux qu’ils consacrent à ces jeunes bénévolement.

« Le véritable chemin du bonheur est de donner celui-ci aux autres. Essayez de quitter la terre en la laissant un peu meilleure que vous ne l’avez trouvée et quand l’heure de la mort approchera, vous pourrez mourir heureux en pensant que vous n’avez pas perdu votre temps et que vous avez fait ‘de votre mieux’ », a écrit Baden-Powell dans un ultime message adressé aux scouts avant sa mort en 1941. « Soyez toujours prêts à vivre heureux et à mourir heureux. Soyez toujours fidèles à votre promesse scoute même quand vous aurez cessé d’être un enfant – et que Dieu vous aide à y parvenir ! ». Souvenir fugace ou fragment d’éternité, la promesse scoute incarne un idéal de vie. Elle est un cap. « Tout ce qui se vit dans la vie scoute est fait pour durer dans le temps », détaille à Aleteia le père Xavier de Verchère, aumônier général des Scouts et Guides de France. « Telle qu’elle a été pensée, c’est une promesse à vie qui défend la vision d’un monde qui se construit avec des personnes qui tiennent parole, capables d’aller au bout de leur engagement ».

  • Au scoutisme, on choisit la personne qu’on a envie de devenir.

Une promesse qui s’appuie sur une loi, la loi scoute. Comportant dix articles, elle peut s’apparenter à une « règle du jeu » respectée par tous les scouts. « Au scoutisme, on choisit la personne qu’on a envie de devenir », explique à Aleteia le frère Nicolas Burle, aumônier national des SUF. « Cette loi, comme toute la pédagogie scoute, les aide à choisir ce qu’ils ont envie d’être plus tard. Être scout ce n’est pas seulement porter un foulard et courir dans les bois : c’est s’occuper des plus petits, transmettre ce qu’on a reçu, faire grandir les autres. Le scoutisme, avec sa loi, est une école pour apprendre à mettre sa vie au service des autres, à vivre des choses ordinaires avec un amour extraordinaire, avec une grande générosité ».

Être scout ne s’arrête pas le jour où l’on range son foulard. « Scout un jour, scout toujours », se remémore-t-on en souriant. Car ce que le scoutisme transmet, c’est avant tout une manière d’être et de faire ouverte sur le monde tout en s’ancrant profondément dans l’être. Débrouillard, persévérant, curieux, à l’écoute… Ceux qui sont passés par un mouvement scout ont d’ailleurs acquis des atouts fondamentaux pour intégrer le marché du travail ! On les retrouve bien sûr dans différents postes et différents secteurs… y compris sur la Lune ! Et oui, sur la douzaine d’êtres humains qui ont foulé le régolithe lunaire, onze ont fait leurs armes chez les scouts. Parmi les plus connus, Neil Armstrong et Buzz Aldrin, mais aussi Peter Conrad ou encore John Young…

 

Découvrez en images les dix articles de la loi scoute :

© SGDF I Montage Aleteia

© SGDF I Montage Aleteia

Article 1 : Le scout met son honneur à mériter confiance 

« La question de l’honneur est très importante chez les scouts », détaille frère Nicolas, aumônier national des SUF. « Le jeune veut qu’on soit fier de lui : cet honneur, c’est beau, ça élève. L’honneur du scout est de donner sa parole et de s’y tenir et cela quel que soit l’âge ». En décidant de mettre son honneur à mériter confiance, le jeune choisi d’être l’ami sur lequel les autres peuvent compter, celui qui se trouve toujours au rendez-vous. « Le premier article résume tout », souligne le dominicain.

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

Article 2 : Le scout est loyal à son pays, ses parents, ses chefs et ses subordonnés 

« L’idée est que le scoutisme prépare des citoyens libres, heureux, prêts à s’engager », indique le dominicain. « Comme c’est le cas au sein de son unité, de son groupe, le scout est appelé à occuper une place dans son pays, son travail. Peu importe le “groupe humain”, il y a toujours des chefs et des subordonnés mais la loyauté, la franchise, l’honnêteté sont valables pour tous ».

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

Article 3 : Le scout est fait pour servir et sauver son prochain

C’est l’idéal chevaleresque qui s’exprime ici. « Cet article de la loi invite le scout à se mettre à la suite du Christ, serviteur et sauveur », développe frère Nicolas. « C’est également l’idée de la B.A scoute : promettre de rendre chaque jour un service à quelqu’un ».

Le scoutisme, une école de vie (Aleteia)

Article 4 : Le scout est l’ami de tous et le frère de tout autre scout

L’amitié et la fraternité sont des valeurs profondément scoutes. « Le jeune est invité à choisir de regarder l’étranger comme un enfant de Dieu et de respecter sa façon de vivre », précise l’aumônier national des SUF.

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

Article 5 : Le scout est courtois et chevaleresque 

… « Ou courtoise et généreuse pour les guides », rappelle frère Nicolas. « Baden-Powell disait que le scoutisme c’est de la confiance et du jeu et que s’il manque l’un des deux ce n’est plus du scoutisme. Il y a quelque chose de lumineux dans le scoutisme et cette lumière se traduit par la courtoisie, la générosité ».

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

Article 6 : Le scout voit dans la nature l’œuvre de Dieu, il aime les plantes et les animaux

Le scoutisme serait-il un mouvement écolo avant l’heure ? « On pourrait dire ça », s’amuse frère Nicolas. En effet, « le terrain de jeu du scout est la nature. Il campe dans la forêt et comprend que son action a un impact très fort sur ce qui l’entoure. De la même manière, à la fin du camp, les scouts font très attention à ne rien laisser derrière eux. Ils s’en servent mais ne sont pas là pour la détruire : les scouts sont des intendants de la Création, pas des mercenaires ».

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

Article 7 : Le scout obéit sans réplique et ne fait rien à moitié

« Cet article vient rappeler les exigences de la vie en communauté », rapporte frère Nicolas. Un groupe organisé a besoin d’obéissance. « Comme l’a rappelé le père Sevin, le verbe “obéir” vient du latin obedire signifiant “écouter, prêter l’oreille en vue de quelque chose” ». C’est cela l’obéissance scoute : former des chefs à donner des ordres qui font grandir. Par exemple, les scouts ne parlent pas de corvées (de cuisine, de rangement…) mais de services. « Les scouts sont au service et aident leur patrouille, leur unité ».

© Pixabay I Montage Aleteia

© Pixabay I Montage Aleteia

Article 8 : Le scout est maître de soi, il sourit et chante dans les difficultés

« Cet article, chacun à 1.000 occasions de le vivre chaque jour », sourit frère Nicolas. « Il signifie “Allons de l’avant chaque jour le sourire aux lèvres, en dépit des contrariétés et des épreuves” ». Parce que le scoutisme permet au jeune de goûter à cette joie de vivre, cette dernière s’ancre en lui et l’aide dans les difficultés.

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

Article 9 : Le scout est économe et prend soin du bien d’autrui

« Chez les scouts nous parlons de la simplicité des moyens », explicite l’aumônier national des SUF. « C’est ce que cet article vient rappeler : on peut faire beaucoup de choses avec très peu de choses. Mais on reçoit aussi beaucoup : à nous d’en prendre soin et de le transmettre à son tour à quelqu’un. On pourrait dire que le scout est un passeur ».

 

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

Article 10 : Le scout est pur dans ses pensées, ses paroles et ses actes

C’est un appel à la sainteté, tout simplement. En étant pur dans ses pensées, ses paroles et ses actes, « le scout est lumineux en ce sens qu’il laisse passer la lumière, qu’il choisit d’être lui-même et de se laisser aimer par le Christ », résume frère Nicolas.

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