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En Quête ou Enquête de Foi ?

Parution d'articles de presse web concernant édifices religieux, œuvres d'arts ou manifestations chrétiennes.

L’exemple de saint Joseph, remède à la crise de l’autorité ? (Aleteia)

Philippe Lissac | GoDong

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TRIBUNES

L’exemple de saint Joseph, remède à la crise de l’autorité ?

Jean-Michel Castaing - Publié le 14/03/21

La figure douce et humble de saint Joseph, auquel Jésus obéit durant son enfance, peut faire redécouvrir la vraie nature de l'autorité.

À longueur de journée, les médias se font l’écho de la crise que traverse l’autorité. Chaque fois qu’un policier est agressé, un professeur menacé, un camion de pompier caillassé, un médecin interdit de séjour dans une cité, ou la classe politique vilipendée comme « pourrie », les commentateurs déplorent le recul de l’autorité. Une armada de sociologues, psychologues et philosophes est convoquée pour dresser le diagnostic, et surtout pour suggérer des solutions à apporter à cette crise qui risque d’emporter avec elle la cohésion de la nation. 

Dans ce concert de déplorations, les chrétiens ont-ils leur mot à dire ? Et si la dévotion à saint Joseph, spécialement mise en honneur cette année par le Saint-Père représentait une réponse providentielle à ce défi sociétal ? Plusieurs motifs plaident en faveur de cette voie.

La place irremplaçable de la famille

Tout d’abord, afin de mieux cerner la problématique de cet état de fait et l’analyser, les spécialistes seraient bien inspirés de partir de la réalité qui sert de terreau à l’éclosion de l’acceptation de l’autorité par l’enfant ou l’adolescent. Or, ce soubassement, c’est la famille. C’est au sein de la cellule familiale que le petit homme intègre peu à peu la réalité et l’importance de l’autorité. Celle-ci ne consiste pas seulement à donner des ordres : elle est d’abord un service, une aide pour faire grandir. Telle est la première tâche des parents vis-à-vis de leur enfant. Ce dernier identifie l’autorité à la figure de ses géniteurs. À l’intérieur du cercle familial, il comprend que les recommandations ou les ordres que lui donnent son père et sa mère ne sont pas des signes de domination, mais des moyens pour l’éduquer et lui apprendre les rudiments du savoir-vivre. 

  • L’humilité de Joseph devait rendre son autorité légère et agréable.

L’autorité s’apprend dès le plus jeune âge. Aussi la crise qu’elle traverse aujourd’hui n’est-elle pas sans rapport avec celle qui secoue et déstabilise la structure familiale. Familles recomposées ou monoparentales, parents absents, mères méprisées par leurs enfants, idéologies visant à décrédibiliser la place du père ou la différence sexuelle : toutes ces réalités ont contribué à saper l’autorité dans son berceau naturel. L’enfant qui a très peu connu son père projettera cette carence affective et le mal-être qui en découle sur l’ensemble des institutions dans lesquelles il ne verra jamais des auxiliaires du bien commun mais plutôt des entraves à ses désirs.

L’autorité est un service

C’est ici que la figure de saint Joseph s’avère d’un précieux secours. Joseph est d’abord un père de famille auquel Jésus a obéi de bon cœur. Son autorité devait être naturelle, couler de source. Bien sûr, abstraction faite de la sainteté sans égale du charpentier de Nazareth et de son fils, une telle attitude était facilitée par la mentalité religieuse de l’époque où la dévotion aux parents tenait une très grande place. Mais surtout, l’humilité de Joseph devait rendre son autorité légère et agréable. On n’imagine pas le chaste époux de Marie en père autoritaire et colérique ! Chaque enfant possède toujours une intuition affective très sûre. Il devine infailliblement si une injonction lui est signifiée par amour ou bien par désir de dominer ou par lassitude. C’est cette autorité bienfaisante et bienveillante (cela devrait être un pléonasme) que nous pouvons apprendre à l’école du père adoptif de Jésus.

Car l’autorité est incontournable dans l’existence. On n’obéit pas d’abord à cause des qualités de son père ou de sa mère, mais parce qu’ils en savent plus que nous sur la vie. Laissé à lui-même, l’enfant n’est pas en mesure de se diriger et de s’orienter tout seul dans le labyrinthe de la vie. Il en va pareillement pour le citoyen ordinaire dans ses rapports avec la police, la justice, les pompiers, le professeur ou les hommes politiques. Ce n’est pas à lui de faire régner l’ordre dans la cité, de rendre la justice, d’éteindre les incendies, d’enseigner une matière qu’il ne maîtrise pas ou de prendre des responsabilités qui engagent l’ensemble du pays. 

  • L’autorité est toujours exercée en vue d’un bien qui transcende à la fois celui qui en est investi et celui qui la respecte.

On respecte les institutions parce qu’elles sont au service d’un bien qui transcende notre désir individuel. Le fondement de l’autorité tient à cela : je respecte celui ou celle qui en est investi parce que nous sommes tous les deux, celui qui la possède comme moi qui lui obéis, dépendants tous les deux d’un ordre qui nous dépasse, d’une transcendance. Et cet ordre des choses sera mieux respecté si, à la reconnaissance de notre dépendance envers ce Tiers transcendant, s’ajoute l’amour que nous lui portons. 

Joseph, figure d’une autorité au service d’un Bien supérieur

À cet égard, la figure de Joseph est éminemment exemplaire. Car sur qui avait-il autorité ? N’est-ce pas sur le Fils de Dieu en personne ? Or, celui-ci était incomparablement plus grand que lui ! Cependant, Dieu a voulu que le plus digne obéisse et vénère celui qui avait moins de qualité que lui ! Quelle leçon devons-nous tirer de cette réalité paradoxale ? Celle-ci : l’autorité est toujours exercée en vue d’un bien qui transcende à la fois celui qui en est investi et celui qui la respecte. Jésus obéissait à Joseph parce que tous les deux savaient qu’ils faisaient de la sorte la volonté d’un plus grand : Dieu le Père. Telle est la leçon que nous livre l’exemple de saint Joseph : nos sociétés renoueront avec le respect de l’autorité, et partant avec celui qui est dû à ceux qui en sont les dépositaires, lorsque sera reconnue l’existence d’une instance transcendante au nom de laquelle elle est exercée. On ne respecte pas l’autorité pour l’autorité, pour elle-même, mais parce qu’elle est au service d’un Tiers transcendant. Les chrétiens nomment celui-ci « Dieu ». Des hommes politiques l’appellent « France » ou « République ». 

Jésus et Joseph étaient conscients d’être tous les deux au service d’un Tiers transcendant : le Père céleste. Là résidait l’origine de l’autorité que le premier reconnaissait au second et la raison pour laquelle il lui obéissait de bon cœur, avec une gratitude filiale que bien des pères de famille pourraient lui envier ! Le plus grand est soumis au plus petit parce que tous les deux poursuivent le même but. Tel est le schéma idéal de la pratique de l’autorité. Utopie ? Non, car la Sainte Famille est un mystère salvifique. À ce titre, elle n’est pas un modèle hors de portée, mais bien une réalité que les parents et les éducateurs doivent s’approprier, transplanter dans leurs existences, pour le plus grand bien des enfants qui leur sont confiés, mais aussi pour celui de certains adultes qui ne se portent pas mieux que leur progéniture sous le rapport de leur respect et de leur compréhension de l’autorité. Puisse l’exemple de saint Joseph donner un visage avenant à cette notion dont il devient plus urgent que jamais de redécouvrir l’origine, l’importance mais aussi la nature profonde.

 

Découvrez les dix traits de caractère de saint Joseph utiles pour votre vie :

La foi

Dès que l’ange annonce à Joseph que l’enfant attendu par Marie vient de Dieu, il s’incline avec docilité et ne cherche pas les raisons de ce prodige. Il y croit sans la moindre hésitation et passe à l’action comme l’ange le lui a ordonné. Pour lui, croire signifie vivre dans l'histoire ouverte à l'initiative de Dieu qui dans le Christ s'est fait chair, en s'unissant pour toujours à notre humanité.

La fidélité

Saint Joseph est le père de Jésus, mais il est aussi « l’époux de Marie ». Chez Luc, l’Ange apparaît à une vierge « fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David » (Luc 1, 27). Par conséquent, Joseph est d’emblée lancé dans une aventure qui lui réserve bien des surprises. Mais quel époux est donc Joseph ? C’est un homme qui quitte ses certitudes, ses habitudes, son confort peut-être, son pays. Et tout cela pour être fidèle à Marie et au couple qu’il forme avec elle.

La pauvreté

Même s’il dispose de peu de biens matériels, saint Joseph se contente de sa situation. Il ne cherche jamais à mettre en avant son titre de descendant de David. Sa pauvreté ne retire rien à sa noblesse. Au contraire, il est très heureux d’avoir près de lui Jésus. Il s’estime ainsi riche et fait tous les jours de nouveaux efforts pour être détaché de toute passion possible et s’abandonner encore plus à Dieu.

L’humilité

Saint Joseph est amené à de nombreuses reprises à agir avec humilité. Il accepte sans murmure la volonté de Dieu, lui dont les aïeux ont régné autrefois sur Israël ! Il a un trésor chez lui – un Dieu-Homme, et il n’en parle pas. Il reste discret en méditant sur ce mystère en secret. Et quand il s’approche de Jésus nouveau-né, c’est pour l’adorer avant de lui commander des ordres paternels…

L’espérance

Saint Joseph n’a peut-être jamais fait plus preuve d’espérance qu’en acceptant la mission de prendre soin de Jésus et de Marie. Elle est le principe même de sa confiance et de sa sérénité : Il en fait preuve à toutes les heures de sa vie, notamment quand l’Ange lui demande de s’enfuir avec l’Enfant et sa Mère en Égypte. S’il agit avec une telle simplicité c’est parce qu’il a confiance en Dieu. Il sait que Dieu veillera sur le dépôt « doublement » précieux qui lui est confié.

La patience

" Être patient c’est supporter les maux qui nous pressent sans se plaindre ni se rebuter, aussi prolongés qu’ils puissent être", comme l’explique saint Alphonse de Liguori. C’est aussi, selon saint Thomas d’Aquin, réagir contre les idées noires et cultiver au quotidien la joie profonde. À ce double titre, saint Joseph est un modèle de patience. Il prend systématiquement sur lui toutes les peines et les angoisses et n’en laisse rien passer jusqu’à Marie et Jésus.

La force d’âme

Saint Joseph est habité par une force intérieure. Grâce à elle, il supporte les différentes épreuves auxquelles il est soumis : l’incertitude quant à l’énigme morale de Marie, la peur de la mort pour Jésus aussi bien que pour son Épouse et pour lui-même à cause de la persécution d’Hérode. Cette force d’âme est au cœur de sa personnalité. Les litanies qui l’invoquent commencent souvent ainsi : Joseph fortissime, ora pro nobis.

L’obéissance

Saint Joseph ne se scandalise pas de l’ordre inattendu de la part de l’Ange qu'il faut s’enfuir en Égypte. Il ne commente pas, il ne proteste pas. Il ne pense même pas l'interroger sur l'avenir et un éventuel retour, bien que l’Ange lui en parle en termes très vagues : « Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse ». Animé de zèle, il obéit et affronte tous les hasards du voyage. Et s’il est résigné à la volonté de Dieu, son cœur ne peut pas ne pas ressentir de la peine en entendant Jésus pleurer à cause du froid et d’autres incommodités éprouvées au cours du voyage.

La disponibilité

Joseph est disponible à la volonté de Dieu : qu'il s'agisse de prendre chez lui Marie qui est enceinte, de faire face à la naissance de Jésus dans des conditions pour le moins inconfortables, ou de s'enfuir pour échapper à la folie meurtrière d'Hérode, c'est avec un cœur paisible que saint Joseph accueille l'imprévu, voire l'incompréhensible. S'il est important de prévoir, d'organiser, de gérer ses affaires "en bon père de famille", il lui faut savoir y renoncer pour suivre la volonté de Dieu, si déroutante soit-elle. Et surtout ne jamais s'inquiéter parce que Dieu sait mieux quiconque ce dont chaque famille a besoin.

Le sens du travail

Pour saint Joseph, le travail est une expression de l'amour. De toutes les vertus qu'il va enseigner à Jésus, la conscience professionnelle est une des plus importantes. Joseph sanctifie le travail en démontrant que sa valeur ne se mesure pas à l'argent qu'il rapporte mais à l'amour que l'on met à l'accomplir. En travaillant, il ne cherche pas une occasion de s’affirmer, mais il pense aux siens, à Jésus et à Marie.

 

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L’exemple de saint Joseph, remède à la crise de l’autorité ? (Aleteia)

Nazareth est pour nous la route à suivre !

Père Joseph-Marie Verlinde 
Membre de la Famille Saint Joseph

Adapté de : Aleteia

En méditant sur le mystère de la vie cachée, nous devons comprendre que, si Jésus a passé trente longues années à Nazareth, ce n’était pas seulement pour préparer sa vie publique, mais surtout pour nous indiquer la route à suivre. Jésus est en effet pour nous « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6) dès le premier moment de sa conception, et pas seulement durant les trois années de sa vie missionnaire.

En demeurant ainsi sous l’autorité de Joseph et de Marie, notre Seigneur nous invite à faire de même : c’est à Nazareth, à l’école des parents de Jésus, que le germe de vie divine reçu au baptême, peut grandir, mûrir, s’épanouir, afin de porter tous les fruits que Dieu est en droit d’en attendre.

Nous devons tous être très désireux de grandir, comme Jésus et avec lui, « en sagesse, en taille et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes » (Lc 2, 52), à l’école de la Sainte Famille.

Découvrir plus sur mariedenazareth.com​​​​​​​

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