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En Quête ou Enquête de Foi ?

Parution d'articles de presse web concernant édifices religieux, œuvres d'arts ou manifestations chrétiennes.

Enluminure religieuse - Art roman, tradition chrétienne

Fête de la Pentecôte dans l'Église latine. Initiale D de la messe de Pentecôte, Sacramentaire de Drogon, vers 850.

Fête de la Pentecôte dans l'Église latine. Initiale D de la messe de Pentecôte, Sacramentaire de Drogon, vers 850.

Grand D historié du Sacramentaire de Drogon pour le début de la Collecte de la Pentecôte. 
En haut à gauche, sur fond vert, une représentation trinitaire inhabituelle avec la colombe de l'Esprit posée à la fois sur la main du Père et celle du Christ. Les rayons d'or symbolisent le Souffle de vie et d'intelligence se matérialisant par des langues de feu – peut-être même ici des petites colombes – sur la tête des douze apôtres assis dans leur chambre haute. Une main déploie le rouleau de l'Écriture désormais lisible et intelligible par tous.
 Les détails de l'architecture rappellent l'espace liturgique carolingien : le baldaquin élaboré et les rideaux ouverts, enroulés autour des colonnettes.
Paris, BnF, Ms lat 9428, f° 78r, réalisé à Metz pour l’évêque Drogon, fils naturel de Charlemagne, entre 844 et 855.
Splendide enluminure romane anglaise, début de l'évangile de Matthieu _ saint Matthieu et son ange, à droite LIBER GENERATIONIS IEHSU CHRISTI (la généalogie humaine du Christ)

Splendide enluminure romane anglaise, début de l'évangile de Matthieu _ saint Matthieu et son ange, à droite LIBER GENERATIONIS IEHSU CHRISTI (la généalogie humaine du Christ)

The Four Evangelists

The Four Evangelists

L'Adoration des bergers, enluminure tchèque de l'Évangéliaire de Saint-Guy, 1085, cathédrale de Prague

L'Adoration des bergers, enluminure tchèque de l'Évangéliaire de Saint-Guy, 1085, cathédrale de Prague

Madonna Lactans copte de Saint Hermeniai

Madonna Lactans copte de Saint Hermeniai

Miniature avec Adoration de l'Enfant - Annonciation aux bergers - Doute de Saint Joseph de Freisinger Sacramentar

Miniature avec Adoration de l'Enfant - Annonciation aux bergers - Doute de Saint Joseph de Freisinger Sacramentar

Vierge et Enfant de Thaüll

Vierge et Enfant de Thaüll

Voici trois œuvres :
une Madonna Lactans copte de Saint Hermeniai ca. 897-898,
une miniature avec Adoration de l'Enfant / Annonciation aux bergers / Doute de Saint Joseph de Freisinger Sacramentar ca. 1052-78,
Vierge et Enfant de Thaüll datant du 12ème siècle.
 
 
Quelqu'un peut-il identifier un trait essentiellement romantique absent du premier travail, qui se profile dans le second et qui bat son plein dans le troisième ? Je n'essaie pas de prouver quelque chose mais, en toute sensation, je ne le vois pas. Je sens tout de suite gothique mais quand je vois le roman, je vois bien... byzantinisme, quoique parfois magnifiquement éloquent.
J'espère que c'est OK de poser des questions dans un groupe. Je suis vraiment très intéressé.
J'adore l'illumination copte pour spontanéité de la ligne et l'immédiateté de la beauté féminine.
La chute de Babylone dans l'Apocalypse.

La chute de Babylone dans l'Apocalypse.

La chute de Babylone dans l'Apocalypse.
Beatus in Apocalypsin, commentaires du moine Beatus sur l'Apocalypse. Espagne du nord, XIIIe siècle mais de style encore roman.
Apocalypse chapitre 8.

Apocalypse chapitre 8.

 
Apocalypse chapitre 8. L'ange sonne la 2e trompette, une montagne embrasée tombe dans la mer dont un tiers se change en sang, et coule un tiers des navires.
Beatus in Apocalypsin, commentaires du moine Beatus sur l'Apocalypse. Espagne du nord, XIIIe siècle mais de style encore roman.
 
Apocalypse , l'Agneau sur le mont Sion.

Apocalypse , l'Agneau sur le mont Sion.

 
 
 
Apocalypse , l'Agneau sur le mont Sion.
Beatus in Apocalypsin, commentaires du moine Beatus sur l'Apocalypse. Espagne du nord, XIIIe siècle mais de style encore roman.
Apocalypse chapitre 21, la Jérusalem céleste.

Apocalypse chapitre 21, la Jérusalem céleste.

 
Apocalypse chapitre 21, la Jérusalem céleste.
Beatus in Apocalypsin, commentaires du moine Beatus sur l'Apocalypse. Espagne du nord, XIIIe siècle mais de style encore roman.
Les quatre évangélistes

Les quatre évangélistes

Les quatre évangélistes
C'est la fameuse feuille avec quatre évangélistes de Schatzkammer-Evangeliar, début 9ème siècle. Le paysage impressionnant à couper le souffle, les poses gracieuses et les brushs larges, inédits dans l'Aix de Charlemagne, révèlent le génie d'un maître byzantin.
Il était probablement un constantinopolitan exquis formé qui a quitté l'empire emblématique pour le royaume carolingien. On peut même deviner son nom. Il a peut-être bien été ′′presbyter de Démétrius′′ qui a signé l'une des miniatures des Gospels du couronnement. Qui qu'il soit, il a infusé sa fabrication avec une vigueur antique et une éternelle jeunesse de l'Esprit.
Portrait de St Luc

Portrait de St Luc

L'Esprit me fait avancer et revenir...
Ceci est un portrait de St. Luke du mystérieux MS 640, deuxième moitié du 9ème siècle. L'évangéliste observe frénétiquement le parchemin, absorbé par l'Esprit.
L'illumination est une nouvelle divergence de Schatzkammer-Evangeliar via l'école des Rheims, atmosphère transformée en grisaille, paysage en feuillage brodé, grâce en rigidité et contemplation en obsession.
St Matthieu

St Matthieu

Le chef-d'œuvre
Ceci est un portrait de St. Matthew de l'Ebbo Gospel, ca. 825, école Rheims. L ' évangéliste enregistre fiévreusement la transmission du symbole.
Les lignes trépidantes d'un paysage classique mais agité juxtapose surnaturel au naturel selon le mysticisme occidental.

Enluminure du temps Pascale 

et

de la vie du Christ

Le Christ cheminant avec les disciples d'Emmaüs, la Cène à Emmaüs. Psautier d'Oxford, début du XIIIe siècle, style de transition entre l’art roman et gothique.

Le Christ cheminant avec les disciples d'Emmaüs, la Cène à Emmaüs. Psautier d'Oxford, début du XIIIe siècle, style de transition entre l’art roman et gothique.

La Cène, enluminure romane de la Vita Christi, 1175

La Cène, enluminure romane de la Vita Christi, 1175

Le Repas chez Simon et Marie-Madeleine aux pieds du Christ. enluminure arménienne du XIIIe siècle.Olga LavkaTitivillusa-16.04.2014

Le Repas chez Simon et Marie-Madeleine aux pieds du Christ. enluminure arménienne du XIIIe siècle.Olga LavkaTitivillusa-16.04.2014

Le Lavement des pieds , enluminure romane de la Vita Christi, 1175-Olga LavkaTitivillusa-13.04.2017

Le Lavement des pieds , enluminure romane de la Vita Christi, 1175-Olga LavkaTitivillusa-13.04.2017

Fête des Rameaux pour des millions d'orthodoxes. Entrée du Christ à Jérusalem, manuscrit ottonien allemand pré-roman.

Fête des Rameaux pour des millions d'orthodoxes. Entrée du Christ à Jérusalem, manuscrit ottonien allemand pré-roman.

Fête des Rameaux et début de la Semaine Sainte pour des millions d'orthodoxes. La résurrection de Lazare. Codex Aureus de l'abbaye d'Echternach, 1030.

Fête des Rameaux et début de la Semaine Sainte pour des millions d'orthodoxes. La résurrection de Lazare. Codex Aureus de l'abbaye d'Echternach, 1030.

Enluminure

Une enluminure est une décoration exécutée à la main qui orne un manuscrit (du latin manus, « les mains » et scribere, « écrire »). Les techniques de l'imprimerie et de la gravure ont fait presque disparaître l'enluminure ; quelques livres imprimés en sont toutefois décorés.

Le terme « enluminure » est souvent associé à celui de « miniature », qui désigne une illustration. L'enluminure tantôt se mêle au texte et tantôt s'en éloigne, au point même, parfois, de ne plus entretenir aucune relation avec lui. On peut établir différentes distinctions : scènes figurées, compositions décoratives, initiales ou lettrines historiées, signes divers.

Le verbe latin illuminare (« éclairer », « illuminer ») a donné le mot français « enluminer ». Ce terme regroupe aujourd'hui l'ensemble des éléments décoratifs et des représentations imagées exécutés dans un manuscrit pour l'embellir, mais au xiiie siècle il faisait surtout référence à l'usage de la dorure.

La technique de l'enluminure comporte trois activités : l'esquisse, le mélange des pigments de couleurs avec la colle animale et le coloriage par couche. L'enluminure est réalisée par un « enlumineur » ; son travail consiste à enjoliver un texte, un récit...

Enluminure ou miniature

On peut donc parler de « manuscrits enluminés », de « manuscrits à miniatures », et même de « manuscrits à peintures », comme le font certains spécialistes, puisque l'artiste chargé de cette part de l'œuvre était nommé pictor au Moyen Âge, pour le distinguer du scriptor (étymologiquement ce terme a donné scribe c'est-à-dire « celui qui écrit » mais copiste est plus adapté pour le Moyen Âge) chargé de la seule copie du texte.Le terme « enluminure » est souvent associé à celui de « miniature », qui vient du latin minium, désignant un rouge vermillon. Jadis, le terme s'appliquait, de préférence, aux lettres ornementales majuscules (lettrines) dessinées en rouge (grâce à un oxyde de plomb de couleur rouge) sur les manuscrits ; puis le rapprochement (sans fondement étymologique) avec les mots « minimum », « minuscule », s'est opéré, et la miniature a désigné les images peintes, de petite taille, comparées aux tableaux et aux peintures murales (fresques). S'appliquant à toute représentation de format réduit, le terme a donc désigné également les petites scènes peintes sur d'autres objets que les manuscrits. Le mot « manuscrit » vient du latin : manus (main) et scribere (écrire), c'est-à-dire un texte écrit à la main.

Types d'enluminures

L'enluminure n'est pas, comme le veut une idée reçue, que la simple lettrine (la lettre mise en couleur) par les copistes en début de chapitre ou de paragraphe, permettant ainsi de saisir facilement la structure du texte.

Sur le plan matériel, un ouvrage écrit comporte un texte dont les caractères ont une forme : lorsque l'écriture a une fin esthétique, on parle de calligraphie. L'étude des écritures anciennes est l'objet de la paléographie.

L'enluminure tantôt se mêle au texte et tantôt s'en éloigne, au point même, parfois, de ne plus entretenir aucune relation avec lui. On peut établir les distinctions suivantes, tout en notant leur caractère arbitraire, les artistes mêlant volontiers les genres :

  • scènes figurées (historiées) :
    • pleines pages (ex. les Beatus) ;
    • insérées entre deux paragraphes ou chapitres ;
    • en marge ;
  • compositions décoratives :
    • bordures (ex. les manuscrits flamands du xve siècle) ;
    • bandeaux marginaux ;
    • cartouches (ornements en forme de parchemin dont les extrémités sont enroulées (généralement en sens inverse) destinés à recevoir, dans la partie centrale une inscription) ;
    • frontispices (composition placée en première page) ;
    • fins de lignes (motif plus ou moins allongé, ayant la hauteur du corps des lettres, et destiné à combler le vide entre le dernier mot écrit et la marge de droite) ;
    • signes de paragraphes ou pied-de-mouche (lorsque le texte est copié en continu, un motif peint, assez simple et stéréotypé, marquait la séparation entre deux paragraphes ou entre deux versets du texte original) ;
    • drôleries ou grotesques (dans les marges, en-têtes et pieds de pages des manuscrits gothiques tardifs, on voit, parmi les entrelacs végétaux des créatures oniriques plus ou moins monstrueuses et comiques. Le terme « grotesque » vient de l'italien « pittura grottesca », qui désignait des images peintes découvertes à partir du xve siècle à Tivoli dans la Villa Hadriana, le mot « grottes » désignant jadis les monuments enfouis) ;
  • Les moines enluminaient les livres rédigés par des moines copistes. La technique de l'enluminure comporte trois activités : l'esquisse, le mélange des pigments de couleurs avec la colle animale et le coloriage par couche.
    Technique[modifier | modifier le code]initiales ou lettrines :
    • lettres peintes ou « rubriquées » (du latin « ruber », « rouge ») :
      • lettres « simples » (leur étude se partage entre l'esthétique et la paléographie) ;
      • lettres champies (lettres, la plupart du temps dorées, placées sur un fond peint, rehaussées de motifs stéréotypés) ;
      • lettres filigranées (lettres décorées d'un motif d'inspiration végétal dessiné à la plume fine) ;
    • lettres ornées (lettres cadres : elles sont constituées par le dessin de la majuscule auquel s'ajoutent des entrelacs, des plantes, des animaux et même des personnages, sans qu'il s'agisse d'une scène proprement dite) ;
    • lettrines synthétiques (le décor seul dessine la lettre : moines en train de couper du bois, par exemple) ;
    • lettres historiées (des scènes narratives sont représentées dans les espaces libres de la lettre) ;
  • signes divers (il ne s'agit pas d'enluminures proprement dites, mais certains de ces signes ont une valeur esthétique qui leur ouvre une place dans cette nomenclature) :
    • signes de pagination ;
    • signes d'oublis et de fautes dans les marges ;
    • signes d'annotations (dans les marges, la manicule destinée à appeler l'attention du lecteur sur un passage particulier du texte) ;
    • on trouve également des esquisses de la future enluminure, réalisées à l'encre pâle ou, à partir du xiiie siècle, à la mine de plomb, et destinées au peintre.

Une fois le parchemin prêt à être utilisé, l'enlumineur réalise son dessin à l'encre. Le dessin achevé, il place les feuilles d'or et après pose la peinture. En tout dernier, il vient cercler les zones peintes avec un trait de contour pour plus de netteté. Certains détails peuvent être apportés avec du blanc pour faire ressortir les couleurs.

Étapes d’exécution d'une enluminure
  1. Utilisation d'une poudre graphite pour créer un contour pointillé,
  2. Les pointillés sont esquissés,
  3. Le croquis est retracé à l'encre,
  4. La surface est préparée pour l'application d'une feuille d'or,
  5. La feuille d'or est posée,
  6. La feuille d'or est polie pour lui donner un aspect brillant et réfléchissant à la lumière,
  7. Des impressions sont faites pour adhérer la feuille,
  8. Une base colorée est appliquée,
  9. Des tons plus sombres sont utilisés pour donner du volume,
  10. Des détails supplémentaires sont ajoutés,
  11. Des couleurs plus claires sont ajoutées pour donner de la particularité,
  12. Les contours à l'encre sont tracés pour finaliser l'enluminure.
Volumen et codex

Les premiers manuscrits enluminés sont les ouvrages de l'Égypte pharaonique, constitués de papyrus et en forme de rouleaux plus ou moins longs. Le Livre des morts d'Ani (British Museum) mesure 24 mètres, et le manuscrit de Turin environ 58 mètres.

Ici, il ne sera question que de l'enluminure occidentale, telle qu'on la trouve principalement sur le parchemin.

Jusqu'au xiie siècle, les manuscrits sont copiés dans les établissements ecclésiastiques, principalement dans les abbayes. Les moines copistes travaillaient toute l'année, ne s'arrêtant de copier que lorsque l'encre venait à geler l'hiver. À partir du xiiie siècle, un artisanat et un marché, pas uniquement tenus par des clercs, se développent avec l'essor de l'université et des administrations et l'émergence d'un nouveau public amateur de livres.

On appelle volumen le livre formé d'une feuille unique faite de plusieurs feuillets cousus à la suite les uns des autres, et enroulée sur elle-même ou sur un bâtonnet de bois. Le mot vient du latin volvere, rouler, enrouler.

Le codex1 est un livre à pages cousues, qui apparaît au iie siècle2. Il représente un progrès remarquable par rapport au volumen :

  • le codex contient deux fois plus de texte puisqu'on peut écrire sur le recto et le verso ;
  • il est plus facilement transportable, maniable et entreposable ;
  • sur le plan intellectuel, le codex présente d'énormes avantages dans la mesure où il facilite la « navigation » du lecteur dans le texte : le volumen rend difficile le retour en arrière, la recherche d'un passage, ce qui permet à la lecture sélective de se répandre. Le texte devient donc plus précis, les citations plus exactes ;
  • on voit apparaître de nouvelles techniques de mise en relation, comme les tables de concordances, les gloses et les notes ;
  • le codex permet le regroupement de textes dans une même reliure ;
  • l'enluminure se développe mieux dans le codex en parchemin que sur le volumen en papyrus.

Néanmoins, le codex ne fait pas disparaître le volumen enluminé. Ainsi, dans l'abbaye Saint-Bavon de Gand, un volumen datant de 1406 et comportant une belle enluminure historiée est conservé. Mais généralement les rouleaux tardifs ne sont pas enluminés : ils sont utilisés pour des généalogies, des chroniques, des inventaires, des pièces de procédure, etc.3.

Le parchemin, support par excellence

Le parchemin le plus apte à recevoir un texte calligraphié et enluminé est préparé à partir de peaux d'animaux maigres, comme le mouton et la chèvre. Dans les périodes de grande production, liées à l'essor des universités dans les villes, les différentes étapes de la fabrication sont confiées à des corps de métiers spécifiques : mégisserie, chamoiserie, et parcheminerie.
Le papier, fabriqué à partir de chiffon, est une invention chinoise transmise pas les Arabes. Il apparaît en Espagne au xiie siècle, mais son usage demeure rare en France avant le xive siècle, lorsque les premiers moulins à papier sont installés à Troyes.Le papyrus est très fragile et boit facilement l'encre et les couleurs. Le parchemin est beaucoup plus résistant et offre plus de possibilités à la création artistique du fait qu'il supporte mieux l'action chimique des encres et des couleurs4.

Le plus beau parchemin est le vélin5 qui désigne les peaux des animaux mort-nés (veau, agneau, chevreau). Les manuscrits sur vélin étaient les plus rares et les plus chers. De nos jours encore, le vélin de veau est le seul support utilisé par les Juifs pour copier la Torah.

Dans le codex, les lignes étaient ensuite tracées au stylet à espaces réguliers, sur toute la page. La trace en reste visible. Le texte était ensuite copié en réservant des espaces pour les titres, les initiales et les images. Le scribe réalise sa copie lentement avec une plume d'oiseau ou un roseau effilé appelé un calame qu'il taille avec un couteau. Le texte est écrit à l'encre noire, les titres à l'encre rouge. On trouve encore dans les marges de légères ébauches de lettrines ou d'images destinées aux artistes.

Encres, couleurs et liants
Encres
Couleurs

On remuait la graisse de manière qu'elle soit totalement homogène ;Les couleurs sont obtenues à partir de produits végétaux, animaux et minéraux : fleur de safran (jaune), racine de garance (rouge) et de curcuma (jaune), cochenilles (rouge), fleur d'hibiscus (rouge), bois de Pernambouc (rouge vif)8, coquillages, foies d’animaux, urine, lapis-lazuli (bleu) et parfois, les peintres peuvent utiliser de la graisse animale. Cela permettait d’obtenir un mélange flasque et visqueux. C’était la meilleure façon pour eux d’obtenir un mélange qui résistait au grand froid. La graisse animale était surtout de la graisse de mouton ou d’agneau car c’était celle qui était la plus dense. Les étapes :

  1. On ajoutait quelques produits chimiques qui permettaient de lui donner la couleur désirée ;
  2. La graisse était ensuite un peu conservée dans un endroit frais (une cave par exemple) ;
  3. Ensuite elle était à nouveau malaxée puis étalée sur un grand plateau afin qu'elle forme une plaque fine ;
  4. On l'ajoutait ensuite dans la pâte qui sera plus tard le parchemin.
Liants

On utilisait des liants et des colles pour permettre à la couleur d'adhérer sur le parchemin: colles de poissons, blanc d'œuf (auquel on ajoute de la poudre de clou de girofle pour assurer la conservation), résines, gommes (surtout la gomme arabique), etc.

Les couleurs se mélangent très mal, et souvent ne se mélangent pas du tout. L'artiste travaille « ton sur ton » après séchage, et joue avec les liants pour obtenir les nuances à partir d'un même pigment.

Jusqu'au xive siècle, avec l'apparition de la gouache, la peinture est obligatoirement cernée d'un trait d'encre dessiné à la plume ou au pinceau.

Technique actuelle de l'enluminure

L'enluminure se pratique toujours sur parchemin chez la plupart des artisans d'art. Le savoir-faire de l'enluminure a été inscrit à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France, d'après une enquête réalisée dans un atelier d'enluminure en Bretagne.

Après son achat, il faut préparer le parchemin en le ponçant afin de dégraisser totalement la surface. Le dessin est préparé à part et est retranscrit sur le parchemin dans un deuxième temps. Lorsque le dessin est positionné, il faut passer une couche de colle de vessie d'esturgeon, qui permettra par la suite à la peinture d'adhérer. Vient ensuite l'étape de l'enluminure à part entière, à savoir la pose des feuilles d'or, puis des couleurs10.

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