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En Quête ou Enquête de Foi ?

Parution d'articles de presse web concernant édifices religieux, œuvres d'arts ou manifestations chrétiennes.

Faut-il être jardinier pour être un bon chrétien ? (Aleteia)

Domaine Public

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SPIRITUALITÉ

Faut-il être jardinier pour être un bon chrétien ?

 

Thérèse Paré - Publié le 31/07/18

La Bible regorge de références à des jardins. De l’Éden à l’Apocalypse en passant par le jardin des Oliviers, ils sont présents, tels un fil rouge, tout au long des Saintes Écritures. Explications.

 « Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde ». Dès le livre de la Genèse, la Bible fait référence à un jardin, le jardin d’Éden. Établi par Dieu dans ce lieu, l’homme y a une fonction, un devoir de le garder, de l’entretenir, de le cultiver. Plus loin, ce sera le jardin des Oliviers qui sera évoqué. Au jour de sa résurrection, Jésus apparaîtra à Marie Madeleine, et elle le prendra pour un jardinier. Est-ce une invitation symbolique envoyée à chacun ? Comment l’image du jardin peut-elle être interprétée dans nos vies ? Dominicain, professeur en théologie fondamentale et systémique et responsable de la gestion paysagère et forestière de la Tourette, abbaye classé monument historique et patrimoine mondial de l’Unesco, le frère Christophe Boureux voit dans le jardin de nombreuses symboliques.

Aleteia : Quels sont les principaux jardins présents dans la Bible ?

Frère Christophe Boureux : Il y a trois jardins fondamentaux dans la Bible et ils forment une parabole, une trajectoire sur trois points. Le premier est le jardin d’Éden, dans le second livre de la Genèse. C’est le jardin du commencement, Dieu y installe l’homme, un homme qui est « terreux », tiré de la terre, de l’humus. Le deuxième est celui de la résurrection. Dans l’évangile de saint Jean, Jésus apparaît à Marie Madeleine qui le prend alors pour le jardinier. Enfin, le troisième jardin fondamental est celui de l’Apocalypse avec un arbre au centre, au milieu d’une place qui est aussi une ville.

Qu’est-ce qu’un jardin ?
Dans l’Apocalypse, le jardin est une ville. Entre ville et jardin il y a le même rapport. Dans le jardin comme dans la ville, chaque créature, chaque plante a sa place : il y a la recherche d’une harmonie au sein de laquelle la violence est canalisée. Un jardin est un lieu clos où les plantes, les animaux, les champignons, sont protégés de l’extérieur par un mur.

Le mur ne renvoie-t-il pas au contraire à quelque chose de négatif, qui nous coupe du monde ?
Le jardin d’Éden est appelé le paradis originel. Le mot persan « Paradis » veut dire « ce qu’il y a derrière le mur », donc un lieu clos. Mais cette clôture ne réduit pas la liberté humaine ! Au contraire, Dieu protège l’homme de la violence. C’est un espace favorisant la liberté, l’épanouissement, la créativité qui est très importante dans le jardin.

Cultiver son jardin, est-ce cultiver son humilité ?
Plus que l’humilité, cultiver son jardin revient à prendre conscience de ses limites. En effet, le jardin nous rappelle que nous naissons de la terre, que la terre est une matière périssableNotre condition humaine est limitée parce que mortelle. Notre esprit est aussi limité, il a besoin de temps pour s’épanouir pour un temps, à l’image de la fleur qui a une durée de vie limitée. Enfin, le jardin nous apprend la contrainte et l’effort : pour obtenir une belle plante, il faut du labeur, de la persévérance. Comme pour la vie chrétienne, il faut l’entretenir.

La vie chrétienne c’est aussi recevoir la grâce. Comment ce concept est-il présent dans cette image du jardin ?
Nous devons avoir de la gratitude pour l’héritage de la terre que les générations précédentes nous ont laissé : ils l’ont travaillée, protégée par leur travail. De plus, l’eau, la lumière, l’air nous sont donnés, confiés, comme des biens communs pour que nous les transmettions le moins mal possible aux générations futures.

Le chrétien doit-il se faire jardinier ?
Pas obligatoirement bien sûr ! Si on a la possibilité d’avoir un jardin oui, parce qu’on y apprend à se libérer un peu de la consommation à outrance, mais ce n’est pas tant d’avoir un jardin qui est important que d’essayer de respecter le monde qui nous entoure, les entités non-humaines avec lesquelles nous ne pouvons pas vivre. Le temps des vacances peut être un moment de vérité sur les dépenses vraiment importantes de notre vie quotidienne par exemple.

À titre personnel vous sentez-vous plus proche de Dieu quand vous vous occupez du Domaine de la Tourette ?
Ce n’est pas le fait de jardiner qui me rapproche de Dieu mais de faire attention à ce qui m’entoure. Je m’occupe des arbres, des prairies, des chemins car je sais que des personnes vont venir s’y ressourcer et si les arbres, les oiseaux, les insectes ont l’air d’y être heureux ce sera sûrement communicatif. Le rapport à la beauté est aussi important dans la recherche de l’agrément et peut-être d’une certaine harmonie entre les couleurs, les textures, les formes dans le paysage. C’est l’attention, le soin, le respect, une certaine délicatesse à l’égard des choses et des êtres, qui rapprochent de Dieu.

Découvrez les symboles les plus inspirants des arbres cités dans la Bible :
© Public Domain/Pixabay

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LE POMMIER. LA CONNAISSANCE DU BIEN ET DU MAL. C’est autour de cet arbre que se manifeste le début de l’histoire du Salut : « Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toutes sortes d’arbres à l’aspect désirable et aux fruits savoureux ; il y avait aussi l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. » (Gn 2, 9). Il est permis à l’homme de manger de tous les fruits de la terre, à l’exception de ceux de cet arbre : « tu n’en mangeras pas ; car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (Gn 2, 17). Si la tradition juive voit souvent un figuier, au Moyen Âge, la tradition chrétienne identifie l'arbre à un pommier.

Faut-il être jardinier pour être un bon chrétien ? (Aleteia)

LE CHÊNE DE MAMBRÉ. LA FORCE ET LA SAGESSE. « Aux chênes de Mambré, le Seigneur apparut à Abraham, qui était assis à l’entrée de la tente. C’était l’heure la plus chaude du jour. Abraham leva les yeux, et il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui. Dès qu’il les vit, il courut à leur rencontre depuis l’entrée de la tente et se prosterna jusqu’à terre. » (Gn 18, 1, 2). C’est sous le chêne de Mambré que Dieu manifeste sa force et sa sagesse, en annonçant à Abraham sa mission de conduire son peuple. Le chêne, l’un des arbres les plus nobles de la création, comme celui où Saint Louis écoutait son peuple et rendait la justice.

© Public Domain / Wikipedia

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LE RAMEAU DE JESSÉ. LA DESCENDANCE. C’est de cette prophétie d’Isaïe sur l’arbre de Jessé que l’art chrétien s’inspire pour l’arbre généalogique de Jésus : « Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure.» (Is 11, 10) 

© Benzita Abdelhadi I CC BY-SA 4.0

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LE PALMIER. L’AMOUR ENTRE ÉPOUX. Les courbes douces et harmonieuses du palmier symbolisent la beauté et l’élan de la bien aimée : « Tu es élancée comme le palmier, tes seins en sont les grappes. J’ai dit : je monterai au palmier, j’en saisirai les fruits. » (Ct 7, 8, 9) Le palmier est aussi le symbole du chrétien : « Les justes croissent comme le palmier. » (Ps 92,13-16). C'est une invitation à être des repères et comme le palmier, plonger ses racines dans l'amour de Dieu. « Soyez comme cet arbre planté près de la source, dont le feuillage est toujours vert, et qui donne un fruit abondant. » (Ps 1, 3).

© Domaine Public

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L’ARBRE GÉANT DE NABUCHODONOSOR. L’ORGUEIL. Le roi Nabuchodonosor est troublé par un songe. Seul Daniel, le prophète de Dieu, lui permet de comprendre que Dieu le met en garde contre son orgueil qui risque de le mener à la ruine : « Voici un arbre, au milieu de la terre, d’une gigantesque hauteur. L’arbre grandit, et il devint puissant, sa hauteur atteignait le ciel, et on le voyait de toute la terre. (…) Sur mon lit, je regardais les visions de mon esprit, lorsqu’un Vigilant, un être saint, descendit du ciel. Il criait à pleine voix : Abattez l’arbre et coupez ses branches ! » (Dn 4, 7-11)

© Pixabay

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LE JARDIN DES OLIVIERS. LA PASSION. « Ils parviennent à un domaine appelé Gethsémani. Jésus dit à ses disciples : Asseyez-vous ici, pendant que je vais prier. Puis il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean, et commence à ressentir frayeur et angoisse. Il leur dit : « Mon âme est triste à mourir. Restez ici et veillez. » (Mc 14, 32-34). Géthsémani, le « pressoir d’olives », est le lieu de l’agonie et de l’arrestation du Christ. 

© Sasca I Shutterstock

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LE CÈDRE. LA FORCE, PUISSANCE, GRANDEUR, JUSTICE. « Le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban » (Ps 91, 13). Le cèdre incarne la beauté du Liban, mais il peut aussi symboliser l’orgueil qui provoque la colère de Dieu : « Le Seigneur fracasse les cèdres du Liban » (Ps 28, 5). Bois tendre souvent employé pour les sculptures, Moïse l’utilise pour son tabernacle. Il est le bois principal du Temple de Salomon.

© CC / kasabubu / PIXABAY

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LE CYPRÈS. LA FÉCONDITÉ ET LA GÉNÉROSITÉ DU CRÉATEUR. « Je mettrai ensemble dans les terres incultes le cyprès, l’orme et le mélèze, afin que tous regardent et reconnaissent, afin qu’ils considèrent et comprennent que la main du Seigneur a fait cela, que le Saint d’Israël en est le créateur » (Is 41, 19). Le jardin d’Eden était un lieu d’abondance où l’homme pouvait se servir pour se nourrir. Le péché a transformé la nature, des déserts arides ont gagné la terre, que seule la puissance de Dieu peut fertiliser. 

© Pixabay

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LA VIGNE. LE SALUT ET LA VIE. « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron » (Jn 15, 1). La vigne est l’un des symboles les plus riches de la Bible. Elle représente notre nature humaine qui doit sans cesse se purifier, se débarrasser du péché comme des sarments secs et des branches mortes. Elle représente surtout le Christ dont le corps devient la vigne qui, dans les mains du Père, renaît et donne du fruit. 

© Tango7174 I CC BY-SA 4.0

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LE SYCOMORE DE ZACHÉE. LA RECHERCHE DE DIEU. « Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer par là. Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie. » (Lc 19, 4-6). Zachée perché dans son sycomore guette l’arrivée de Jésus. Sa recherche de Dieu est récompensée. 

Faut-il être jardinier pour être un bon chrétien ? (Aleteia)

LE FIGUIER DE NATHANAËL. LA PIÉTÉ. « Nathanaël lui demande : « D’où me connais-tu ? » Jésus lui répond : « Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. » (Jn 1, 48) Jésus reconnaît celui pour qui croire sous le figuier était un acte de foi. Il reconnaît un homme pieux et sans ruse. 

© Tango7174 I CC BY-SA 4.0

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LE JARDIN DES OLIVIERS. LA PASSION. « Ils parviennent à un domaine appelé Gethsémani. Jésus dit à ses disciples : Asseyez-vous ici, pendant que je vais prier. Puis il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean, et commence à ressentir frayeur et angoisse. Il leur dit : « Mon âme est triste à mourir. Restez ici et veillez. » (Mc 14, 32-34). Géthsémani, le « pressoir d’olives », est le lieu de l’agonie et de l’arrestation du Christ. 

© Pixabay

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LA CROIX. L’ARBRE DE VIE. Il est l’arbre de mort, le seul arbre qui n’est pas sorti de terre, il est celui planté par la main des hommes : « Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le suspendant au bois du supplice » (Ac 5, 30). C’est en lui que Dieu sauve son Fils et toute l’humanité. L’arbre de mort se transforme en arbre de vie. 

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