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En Quête ou Enquête de Foi ?

Parution d'articles de presse web concernant édifices religieux, œuvres d'arts ou manifestations chrétiennes.

La beauté spirituelle des abbayes en ruines en France (Aleteia)

© Klaus Braune – rshutterstock

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ART & VOYAGES

La beauté spirituelle des abbayes en ruines en France

Elisabeth Bonnefoi - Publié le 13/06/21

 

Pourquoi les abbayes en ruines sont-elles si touchantes ? Dans leur état d’abandon, elles nous lèguent un message spirituel, peut-être plus vital, plus urgent ou tout simplement essentiel.
 

A ciel ouvert, jaillissant du sol, les églises abbatiales en ruines se dressent avec une dignité particulière, image de notre humanité blessée. Dépouillées par les hommes, rongées par le temps, elles témoignent d’une vie monastique qui n’a pas été vaine.

Ces abbayes qui nous parlent encore de la gloire de Dieu ont été fondées par saint Bernard ou saint Omer. Elles ont été dotées par Blanche de Castille (Dammarie-les-Lys) ou Louis le Gros (Chaalis). Dans l’histoire de la France chrétienne, elles ont toutes connu une apogée : jusqu’à 900 moines et 1.500 laïcs à Jumièges (Normandie). La Sauve-Majeure (Aquitaine) ou l’abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre (Bretagne) ont offert le gîte à d’innombrables pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle.  À Maillezais (Vendée), on comptait facilement 200 convives. Combien de marcheurs de Dieu ont trouvé refuge et sérénité dans ces bâtiments conventuels qui, aujourd’hui, ne protègent même plus de la pluie ? 

 

  • La beauté et le silence des ruines monastiques invitent à la paix et à la prière.

Alors, que reste-t-il du message spirituel transmis par ces « fous de Dieu » qui, comme à Aulps (Alpes), se sont installés à l’écart du monde pour se rapprocher des hommes qui cherchaient Dieu ? La beauté et le silence des ruines monastiques invitent à la paix et à la prière. Le rayonnement de ces abbayes force l’admiration. Un texte explicatif, une visite, un musée suffisent à édifier et à nourrir la méditation. Aujourd’hui, deux communautés (offices et retraites) redonnent vie à une abbaye en ruines : des bénédictins à Landévennec (Bretagne) et les Serviteurs de Jésus et de Marie à Ourscamp (Picardie). 

Le Pardon de Saint-Maurice de Clohars-Carnoët (Bretagne) ressuscité depuis 2016, une messe pour les 900 ans de la fondation de l’abbaye cistercienne de Trois-Fontaines (Champagne) en 2018, sont l’occasion de raviver la vocation spirituelle de ces abbayes si émouvantes. 

Abbaye de Jumièges - France - Seine Maritime (76)

Abbaye de Jumièges - France - Seine Maritime (76)

En images : découvrez les plus belles abbayes en ruines

© Mano Kors – Shutterstock

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ABBAYE DE JUMIÈGES (SEINE-MARITIME)

Dès sa fondation par saint Philibert au VIIe siècle, l’abbaye de Jumièges suit la règle de saint Benoît et connaît un essor très rapide. Mais, au IXe siècle, les raids vikings poussent les moines à partir. L’abbaye bénédictine retrouve sa prospérité au XIe siècle avec l’appui du duc de Normandie. Elle accueille jusqu’à 900 moines et 1 500 laïcs. Elle appartient aujourd’hui au Département de la Seine-Maritime.

© FreeProd33 - shutterstock

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ABBAYE DE LA SAUVE-MAJEURE (GIRONDE)

Cette abbaye bénédictine romane est fondée par saint Gérard de Corbie, avec le soutien des ducs d’Aquitaine. À la fin du XIIe siècle, elle est déjà à la tête de 70 prieurés, de l’Angleterre à la Castille. Elle sert de halte providentielle sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, avant la redoutable traversée des Landes. Ses chapiteaux historiés instruisent le pèlerin. Elle appartient aujourd’hui à l’État. 

© Klaus Braune - rshutterstock

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ABBAYE D'HAMBYE (MANCHE)

Douze moines d’une abbaye du Perche viennent s’installer ici en 1147 à la demande de Guillaume Paynel, un seigneur qui donne des terres pour bâtir une abbaye en vue d’obtenir le salut de son âme. Des moines vivront ici jusqu’à la fin du XVIIe siècle. Dans la salle capitulaire, la fresque du lavement des pieds rappelle l’humilité imposée par la règle de saint Benoît. Cet ensemble monastique médiéval, l’un des plus complets de Normandie, a le statut de musée départemental.

© Louis Bonnefoi

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ABBAYE D'OURSCAMP (OISE)

Saint Eloi construit ici un oratoire en 641. En 1129, saint Bernard vient lui-même installer douze moines venus de Clairvaux. L’abbaye, qui reçoit une relique de sainte Anne, prospère et essaime. Après la Révolution, l’abbaye devient notamment une manufacture.  Une communauté des Serviteurs de Jésus et de Marie, fondée par le père Lamy, un prêtre étonnant, s’installe ici en 1941, en pleine occupation allemande. Aujourd’hui, c’est un haut-lieu spirituel à 100 kilomètres de Paris.

© David Fugère

© David Fugère

ABBAYE DE MAILLEZAIS (VENDÉE)

Vers l’an Mil, les premiers moines venus de Tours se mettent à assécher le Marais poitevin. Les reliques de saint Rigomer attirent de nombreux pèlerins. L’abbaye bénédictine (rattachée à Cluny) et nécropole des ducs d’Aquitaine devient cathédrale au XIVe siècle. Son rayonnement spirituel culmine à la Renaissance au moment où François Rabelais y est moine et prêtre. Depuis 1996, le site appartient au Département de la Vendée.

© ELEPHOTOS – shutterstock

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ABBAUE D'AULPS (HAUTE-SAVOIE)

Voici une abbaye cistercienne bâtie dans la montagne, à 800 mètres d’altitude, par des moines de Molesmes. Seigneurs de la vallée, ils possèdent jusqu’à 40 000 hectares. Aujourd’hui, les jardins médiévaux ont été reconstitués et un Centre d’interprétation dans l’ancienne ferme monastique met en valeur la vie matérielle mais aussi spirituelle de ces « fous de Dieu ». Le site appartient au Département et offre une belle sérénité été comme hiver.

© jcn54.unblog

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ABBAYE DE LANDÉVENNEC (FINISTÈRE)

L’abbaye bénédictine fondée par saint Guénolé sur la presqu’île de Crozon est célèbre au Moyen Âge pour son scriptorium. Aujourd’hui la communauté bénédictine d’une vingtaine de moines vit dans le nouveau monastère construit en 1958 à côté des ruines. Elle reçoit les personnes qui le désirent pour un temps de retraite, de silence et de ressourcement. Le Pardon de saint Guénolé a lieu le 1er mai. 

© Yannick Derennes-Office de Tourisme Quimperlé Terre Océane

© Yannick Derennes-Office de Tourisme Quimperlé Terre Océane

ABBAYE DE SAINT-MAURICE DE CARNOËT (FINISTÈRE)

Maurice Duault, fils d’un paysan de Loudéac et abbé cistercien, fonde une abbaye en 1177 dans la forêt de Carnoët au bord de la Laïta. Il en est l’abbé pendant 14 ans. Grâce à lui, le monastère connaît un grand rayonnement spirituel. Il compte parmi les conseillers des ducs de Bretagne. Depuis 2016, les Amis de Saint-Maurice ont redonné vie au Pardon de Saint-Maurice de Carnoët, un saint breton populaire, le dernier dimanche de juillet. Le site est géré par le Conservatoire du littoral.

© Benoît Bonnefoi

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ABBAYE DES TROIS-FONTAINES (MARNE)

Nous voici en Champagne, dans une ancienne abbaye cistercienne fondée en 1118. C’est la première abbaye-fille de Clairvaux. Elle devient elle-même mère d’abbayes en Belgique et en Hongrie. Un grand portail élégant, des galeries et des bâtiments abbatiaux du XVIIIe siècle ouvrent sur un parc majestueux. L’abbatiale en ruines a conservé des détails raffinés. C’est une propriété privée. La beauté du site, lauréat du loto du patrimoine, incite à la contemplation.

© jcn54.unblog

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ABBAYE DE MAZANS (ARDÈCHE)

Perdue dans la montagne à 1 100 mètres d’altitude, cette ancienne abbaye cistercienne du XIIe siècle est touchante. Son église abbatiale était la plus grande du Vivarais. Son rayonnement spirituel est inimaginable lorsqu’on découvre cette petite commune rurale de 120 habitants. Petite fille directe de Cîteaux, elle a eu comme abbayes-filles trois célèbres abbayes cisterciennes du Sud de la France : Sylvanès, le Thoronet et Sénanque. 

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