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En Quête ou Enquête de Foi ?

Parution d'articles de presse web concernant édifices religieux, œuvres d'arts ou manifestations chrétiennes.

Unique Zurbaran conservé à Paris, « La promenade de l’Enfant Jésus » va retrouver sa splendeur (Aleteia)

© Fondation Avenir du Patrimoine à Paris - La promenade de l'Enfant-Jésus par Francisco Zurbaran conservé dans l'église Saint-Médard à Paris.

© Fondation Avenir du Patrimoine à Paris - La promenade de l'Enfant-Jésus par Francisco Zurbaran conservé dans l'église Saint-Médard à Paris.

ART & VOYAGES

Unique Zurbaran conservé à Paris, « La promenade de l’Enfant Jésus » va retrouver sa splendeur

 

Caroline Becker - Publié le 31/05/21

Dans l'église Saint-Médard à Paris, un tableau peint par Francisco Zurbaran (1598-1664), a été déposé pour être restauré. Il s'agit de l'unique tableau du grand maître espagnol conservé dans une église parisienne.

Au cœur des églises parisiennes se cachent des chefs-d’oeuvres bien trop souvent méconnus. C’est le cas d’un tableau d’une grande finesse suspendu au mur de la chapelle Saint-Louis de l’église Saint-Médard (Ve arrondissement). Intitulé La promenade de l’Enfant Jésus, il s’agit d’une rare toile du maître espagnol Francisco Zurbaran conservée dans une église de Paris.

Acheté par le père Louis-Pierre Jouan en 1899, ce tableau aurait été réalisé dans les années 1630 pour le maître-autel du couvent de la Merci déchaussée de Séville, institution religieuse dédiée au rachat des captifs. D’une grande qualité esthétique, son thème est particulièrement émouvant. On y voit la figure imposante de saint Joseph, appuyé sur son bâton fleurdelisé, se promenant avec l’Enfant-Jésus qui lui tient la main. Un sujet d’une grande tendresse qui rappelle la dévotion toute particulière dont faisait l’objet la figure de Joseph dans l’Espagne du Siècle d’Or et qui, en cette année dédiée au père adoptif de Jésus, prend un relief tout particulier.

Acheté par le père Louis-Pierre Jouan en 1899, ce tableau aurait été réalisé dans les années 1630 pour le maître-autel du couvent de la Merci déchaussée de Séville. - © Fondation Avenir du Patrimoine à Paris

Acheté par le père Louis-Pierre Jouan en 1899, ce tableau aurait été réalisé dans les années 1630 pour le maître-autel du couvent de la Merci déchaussée de Séville. - © Fondation Avenir du Patrimoine à Paris

Restauré pour la dernière fois en 1963 à l’occasion d’une grande exposition au musée des Arts décoratifs, le tableau n’a pas été retouché depuis comme en témoigne la couche picturale qui s’est empoussiérée et encrassée avec le temps. Grâce au soutien de la Fondation Avenir du Patrimoine à Paris qui œuvre à la restauration des églises parisiennes, le tableau va être nettoyé et les anciens repeints légèrement retouchés afin de rendre aux couleurs d’origine leur éclat d’autrefois. Le cadre, très usé, sera également restauré et le mur, qui accueille l’œuvre, sera nettoyé et enduit au propre. En collaboration avec la paroisse, un nouvel éclairage et une signalétique plus adaptés seront également installés. L’ensemble de ces opérations se déroulera tout au long de l’année 2021 avec une repose du tableau prévu au moi de décembre.

En images : découvrez l’évolution des représentations de Joseph dans l’art
+ © Herma Silver / Aurimages

+ © Herma Silver / Aurimages

L'ELECTION DE JOSEPH COMME ÉPOUX DE MARIE

Ce codex de Predis, réalisé en 1476 et conservé à Turien (Italie) présente une iconographie rare de saint Joseph tiré du proto-évangile de Jacques. L'histoire raconte que le prêtre Zacharie convoqua tous les veufs de Judée qui devaient chacun apporter "une baguette" : "Marie sera la femme de celui à qui le Seigneur Dieu montrera un signe". Et c'est Joseph le charpentier qui reçut ce signe : une colombe sortit de sa baguette et se posa sur sa tête. "Joseph, Joseph, c’est toi qui es désigné par le sort pour prendre sous ta garde la vierge du Seigneur ». 

+ © John Webb/Aurimages

+ © John Webb/Aurimages

LE SONGE DE SAINT JOSEPH

Au moment de l'Annonciation, la Vierge est fiancée à Joseph. Apprenant qu'elle est enceinte, ce dernier décide de la répudier en toute discrétion mais un ange lui apparaît en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit saint ; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés." (Mt, 1, 18-21) Une scène célèbre de l'histoire de saint Joseph magnifiquement représentée par Philippe de Champaigne en 1642. 

 + © Collection Dagli Orti/Aurimages

+ © Collection Dagli Orti/Aurimages

LE MARIAGE DE MARIE ET JOSEPH

La scène du mariage de Marie et Joseph apparaît très tôt dans l'iconographie chrétienne bien qu'elle ne soit pas citée dans les Évangiles. Par leur mariage s’accomplit la prophétie selon laquelle le Sauveur appartiendrait à la lignée de David. « Tout le bien du mariage est accompli chez les parents du Christ : l’enfant, la fidélité et le sacrement. L’enfant, nous le reconnaissons en le Seigneur Jésus, la fidélité en ce qu’il n’y eut aucun adultère, le sacrement en ce qu’il n’y eut aucune séparation. Une seule chose est absente : l’union charnelle », écrivait saint Augustin au Ve siècle. Un épisode illustré par Giotto au XIVe siècle pour la chapelle Scrovegni de Padoue.

 - © domaine public

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LE REPENTIR DE JOSEPH

L'épisode du repentir de saint Joseph, extrait du proto-évangile de Matthieu, est l'un des rares épisodes de la vie du saint. « Il fit amende honorable en disant à Marie : J'ai péché, car je t'ai soupçonnée." On trouve un bel exemple, dès le Moyen Âge, sur le portail Sainte-Anne de la cathédrale Notre-Dame de Paris et plus tardivement, au XVIIe siècle, dans un tableau peint par Alessandro Tiarini. Joseph, à genoux, implore le pardon de Marie tandis qu'elle lui désigne le ciel pour lui signifier que cet Enfant vient de Dieu.

 + © Collection Dagli Orti/Aurimages

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L'ADORATION DES BERGERS

Les premières scènes de la Nativité laissent peu de place à saint Joseph. Il est l'homme de l'ombre, caché dans l'obscurité. Vieillard et penaud, il est parfois représenté le visage dans sa main, comme dans cette oeuvre réalisée par Botticelli. Il semble assister, passif, au Mystère auquel il n'est pas invité.

 + © Collection Dagli Orti/Aurimages

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LA NATIVITÉ

À partir du XIVe siècle, avec l’évolution significative de la représentation de la Nativité, Joseph bénéficie d’un véritable coup de pouce. La Vierge Marie, qui était davantage représentée allongée sur son lit, est désormais en adoration devant son Enfant ce qui favorise la place de Joseph en tant que père. On le rencontre alors, parfois, agenouillé près de la Vierge. Chez Hugo van der Goes, saint Joseph est encore à l'écart mais déjà plus impliqué par sa position d'adoration.

+ © Collection Dagli Orti/Aurimages

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LA FUITE EN ÉGYPTE

Dans la fuite en Égypte, Joseph a toujours tenu un rôle secondaire. La Vierge y est souvent représentée au centre, tenant dans ses bras l'Enfant-Jésus. Joseph, lui, est relégué au second plan, il tient l'âne qui les conduit. Chez Nicolas Poussin, le décalage est flagrant par la position des protagonistes mais aussi par les jeux de lumière. Alors que le duo Mère/Fils est en pleine lumière, Joseph, lui, est dans l'ombre. Il accomplit la volonté de Dieu symbolisé par l'ange. 

+ © Alfredo Dagli Orti

+ © Alfredo Dagli Orti

LE REPOS PENDANT LA FUITE EN ÉGYPTE

La scène du repos pendant la fuite en Égypte fait partie de ces petites scènes secondaires, mais ô combien charmantes, qui donnent à voir la relation intime qui lie la Vierge à son Fils. Tandis qu'elle l'allaite ou le berce pour l'endormir, Joseph est souvent affairé à des occupations terrestres comme la recherche de nourriture. Ici, on l'aperçoit à gauche ; il se dirige vers la Vierge et l'Enfant, un petit pot à la main. On le représente parfois assis près d'eux, spectateur de la relation entre la mère et l'Enfant, ou bien profondément endormi. 

+ © Alfredo Dagli Orti

+ © Alfredo Dagli Orti

LA SAINTE FAMILLE

Durant toute sa carrière, Murillo s'efforça d'humaniser le divin comme dans la Sainte Famille au petit oiseau. Loin des représentations habituelles qui mettent généralement en valeur la Vierge et l'Enfant, c'est ici Joseph qui prend la place principale. Assis au centre, il soutient, dans un geste de tendresse, l'Enfant qui joue avec un petit chien prêt à attraper l'oiseau que Jésus tient dans sa main. En arrière plan, la Vierge, occupée dans les tâches quotidiennes, regarde avec douceur la scène qui se déroule sous ses yeux. 

   + © Domaine Public

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SAINT JOSEPH CHARPENTIER

Attaché au thème de la Sainte Famille et jouant, comme à son habitude, sur les effets de clair-obscur, Georges de la Tour a ici représenté l'Enfant Jésus apprenant le métier de charpentier auprès de Joseph. Le rôle de père adoptif est clairement mis en valeur dans cette scène qui laisse enfin tout la place à Joseph. L'artiste n'oublie cependant pas de souligner la dimension divine de l'Enfant en plaçant devant lui une flamme qui l'éclaire et lui donne ce visage quasi mystique.

+ © Domaine Public

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SAINT JOSEPH AVEC L'ENFANT-JÉSUS

Il est rare de voir des portraits de Joseph en tête à tête avec l'Enfant-Jésus. Les plus beaux ont été réalisés par l'artiste italien Guido Reni (1575-1642) qui en a proposé plusieurs versions. Il est désormais le père nourricier et bienveillant, celui qui assure la mission divine de Jésus et favorise son épanouissement. L’Enfant a en effet besoin d’une mère, mais aussi d’un père, pour « grandir en taille, en grâce et en sagesse sous le regard de Dieu et des hommes » (Lc 2, 52). 

+ © Domaine public, Tylwyth Eldar,

+ © Domaine public, Tylwyth Eldar,

LA MORT DE JOSEPH

Si Joseph est mentionné pour la toute dernière fois dans la Bible lors du pèlerinage familial à Jérusalem, les artistes ont eu plaisir à le représenter au moment de sa mort, entouré de Marie et Jésus pour montrer le lien indéfectible qui unissait les membres de la Sainte Famille. Jacques Stella a ainsi représenté Joseph mourant (1655), le teint livide. Des anges viellent sur les derniers instants du vieillard tandis que lui, en bon père, se penche vers son fils et semble lui donner ses dernières recommandations. 

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