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En Quête ou Enquête de Foi ?

Parution d'articles de presse web concernant édifices religieux, œuvres d'arts ou manifestations chrétiennes.

Et si un chef scout comptait ses heures… (Aleteia)

© Shutterstock

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AU QUOTIDIEN

Et si un chef scout comptait ses heures…

Domitille Farret d'Astiès - Publié le 10/07/19 - Mis à jour le 22/02/21

Chaque été, quelque 100.000 enfants et adolescents partent sacs au dos passer quelques jours, voire quelques semaines, à crapahuter dans les bois pour y vivre selon la loi scoute et découvrir un idéal de vie inspirant. Une réalité rendue possible grâce à leurs chefs. Mais les parents mesurent-ils réellement l'implication de leurs chefs ? Aleteia a tenté de chiffrer ce temps passé auprès d’eux bénévolement.

C’est grâce à eux que la vie scoute, et a fortiori les camps d’été, peuvent avoir lieu. S’il en est que l’on peut remercier pour permettre cette réalité, ce sont les chefs scouts. Toute l’année, et plus particulièrement pendant l’été, ils se donnent sans compter pour leurs ouailles, allégeant la charge de famille de bien des parents.

Du chef de troupe en khâgne qui oscille entre ses 32 scouts et Les Caractères de La Bruyère qu’il doit potasser pour son prochain concours, à l’infatigable Akela qui court un week-end sur deux un marathon entre ses 24 louvettes et son cours d’éducatrice à bachoter, ils ne ménagent ni leur temps ni leur peine. Réunions d’information de début d’année, formations de chefs, préparations de sorties, week-ends de maîtrise, fête de Noël, camp de Pâques, préparation de dossier de camp, formation premiers secours, dîner avec les chefs de groupes, réunion de parents de fin d’année, pré-camp, camp d’été, soirée de retour de camp… Les parents optimistes leur confient leur progéniture sans ciller, convaincus que ces jeunes engagés ne failliront pas à leur mission et prendront soin de la chair de leur chair. Mais même s’ils leur vouent une admiration sans borne, ils mesurent rarement la consistance réelle de leur engagement. C’est pourquoi Aleteia vous propose un aperçu en chiffres de l’engagement réel d’un chef scout « lambda ». D’après les savants calculs de la rédaction, il peut être estimé à pas moins de 804 heures et 10 minutes annuelles.

© Aleteia | Palmyre Quennec

© Aleteia | Palmyre Quennec

Pour qu’il puisse prendre soin des âmes qui lui sont confiées, le chef doit se former, à raison d’une semaine de CEP (camp-école préparatoire) par an, soit sept journées de 24 heures. Un temps nécessaire qui lui permettra, quelques mois plus tard, de consacrer une semaine à plein temps (à raison de 8 heures de travail quotidien) à suer sang et eau pour préparer un dossier de camp qui passera de commission en commission dans une administration scoute qui n’a parfois rien à envier à celle que décrivent Goscinny et Uderzo dans Les Douze Travaux d’Astérix, avant d’être validé par sa hiérarchie. On n’oubliera pas la veillée de Noël qui consiste à passer 4 heures à fredonner des chants archaïques en dégustant des roses des sables préparées avec un empressement hors normes. Et c’est sans compter les 4 heures passées auparavant à confectionner un cadeau maison — si si, c’est important — qui finira probablement ses jours dans les oubliettes familiales.

De plus, le chef se doit d’être présent tout au long de l’année. Il passe donc a minima trois week-end entiers avec ses jeunes (soit 3×24 heures), auxquels s’ajoutent à chaque fois 8 heures de travail. Plus tard dans l’année, le dîner chez les chefs de groupe sonne comme une trêve annuelle. Admiratifs du sens de l’engagement sans bornes de leurs jeunes chefs, ils se font un devoir de les nourrir correctement au moins une fois dans l’année. Exit donc les spaghettis à la carbonara brûlés et vive pour une fois hamburgers et cônes chocolat-vanille-noisettes concassées.

Des réunions de parents aux camps d’été

On n’oubliera pas les réunions de parents de début et de fin d’année auxquelles s’ajoutent bien évidemment les cinq petites minutes indispensables de préparation. La première consiste à donner la direction de l’année et à énumérer les objectifs poursuivis, et la seconde à rassurer les parents sur la tenue irréprochable du camp à venir. Ajoutons que si une unité scoute compte approximativement six culs de pat’ (plus jeune de la patrouille), un chef, diplomate à ses heures, sait qu’il devra accorder une heure à chacun des parents des plus jeunes pour les rassurer. Non, leur tout-petit ne dormira pas dans une tente surélevée à 15 mètres de hauteur. Il devra également négocier durant une heure avec chacun des quatre chef de patrouilles : « C’est un ordre, Brutus-Philibert : ta tente ne dépassera pas 10 mètres de haut ». On comptera de surcroît 1 heure par semaine à stresser, donc à prier, implorant le Ciel que la table à feu ne s’embrase pas, que la demi-heure d’auto-stop spontané ne tourne pas au drame et que le grand jeu ne ressemble pas à un mauvais remake d’Apocalype Now.

Viennent enfin les camps. On prendra la base de trois jours de camp de Pâques et quatorze pour l’été. Celui-ci résonne comme l’apogée de l’année du chef, l’apothéose de sa mission, la consécration de plusieurs mois d’investissement. Dans la mesure où un chef ne dort ni ne sommeille, on lui comptera raisonnablement dix-sept journées de 24 heures de service, soit 408 heures. Cette consécration au doux parfum de feu de bois et de joyeux rires tintant dans les bois laissera forcément des souvenirs homériques dans sa mémoire, dignes de L’Iliade et de L’Odyssée. Soyez-en certains : il rempilera l’année prochaine.

À lire aussi : La loi scoute

© SGDF I Montage Aleteia

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Article 1 : Le scout met son honneur à mériter confiance 

« La question de l’honneur est très importante chez les scouts », détaille frère Nicolas, aumônier national des SUF. « Le jeune veut qu’on soit fier de lui : cet honneur, c’est beau, ça élève. L’honneur du scout est de donner sa parole et de s’y tenir et cela quel que soit l’âge ». En décidant de mettre son honneur à mériter confiance, le jeune choisi d’être l’ami sur lequel les autres peuvent compter, celui qui se trouve toujours au rendez-vous. « Le premier article résume tout », souligne le dominicain.

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

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Article 2 : Le scout est loyal à son pays, ses parents, ses chefs et ses subordonnés 

« L’idée est que le scoutisme prépare des citoyens libres, heureux, prêts à s’engager », indique le dominicain. « Comme c’est le cas au sein de son unité, de son groupe, le scout est appelé à occuper une place dans son pays, son travail. Peu importe le “groupe humain”, il y a toujours des chefs et des subordonnés mais la loyauté, la franchise, l’honnêteté sont valables pour tous ».

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

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Article 3 : Le scout est fait pour servir et sauver son prochain

C’est l’idéal chevaleresque qui s’exprime ici. « Cet article de la loi invite le scout à se mettre à la suite du Christ, serviteur et sauveur », développe frère Nicolas. « C’est également l’idée de la B.A scoute : promettre de rendre chaque jour un service à quelqu’un ».

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

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Article 4 : Le scout est l’ami de tous et le frère de tout autre scout

L’amitié et la fraternité sont des valeurs profondément scoutes. « Le jeune est invité à choisir de regarder l’étranger comme un enfant de Dieu et de respecter sa façon de vivre », précise l’aumônier national des SUF.

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

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Article 5 : Le scout est courtois et chevaleresque 

… « Ou courtoise et généreuse pour les guides », rappelle frère Nicolas. « Baden-Powell disait que le scoutisme c’est de la confiance et du jeu et que s’il manque l’un des deux ce n’est plus du scoutisme. Il y a quelque chose de lumineux dans le scoutisme et cette lumière se traduit par la courtoisie, la générosité ».

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

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Article 6 : Le scout voit dans la nature l’œuvre de Dieu, il aime les plantes et les animaux

Le scoutisme serait-il un mouvement écolo avant l’heure ? « On pourrait dire ça », s’amuse frère Nicolas. En effet, « le terrain de jeu du scout est la nature. Il campe dans la forêt et comprend que son action a un impact très fort sur ce qui l’entoure. De la même manière, à la fin du camp, les scouts font très attention à ne rien laisser derrière eux. Ils s’en servent mais ne sont pas là pour la détruire : les scouts sont des intendants de la Création, pas des mercenaires ».

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

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Article 7 : Le scout obéit sans réplique et ne fait rien à moitié

« Cet article vient rappeler les exigences de la vie en communauté », rapporte frère Nicolas. Un groupe organisé a besoin d’obéissance. « Comme l’a rappelé le père Sevin, le verbe “obéir” vient du latin obedire signifiant “écouter, prêter l’oreille en vue de quelque chose” ». C’est cela l’obéissance scoute : former des chefs à donner des ordres qui font grandir. Par exemple, les scouts ne parlent pas de corvées (de cuisine, de rangement…) mais de services. « Les scouts sont au service et aident leur patrouille, leur unité ».

© Pixabay I Montage Aleteia

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Article 8 : Le scout est maître de soi, il sourit et chante dans les difficultés

« Cet article, chacun à 1.000 occasions de le vivre chaque jour », sourit frère Nicolas. « Il signifie “Allons de l’avant chaque jour le sourire aux lèvres, en dépit des contrariétés et des épreuves” ». Parce que le scoutisme permet au jeune de goûter à cette joie de vivre, cette dernière s’ancre en lui et l’aide dans les difficultés.

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

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Article 9 : Le scout est économe et prend soin du bien d’autrui

« Chez les scouts nous parlons de la simplicité des moyens », explicite l’aumônier national des SUF. « C’est ce que cet article vient rappeler : on peut faire beaucoup de choses avec très peu de choses. Mais on reçoit aussi beaucoup : à nous d’en prendre soin et de le transmettre à son tour à quelqu’un. On pourrait dire que le scout est un passeur ».

© Scouts unitaires de France I Montage Aleteia

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Article 10 : Le scout est pur dans ses pensées, ses paroles et ses actes

C’est un appel à la sainteté, tout simplement. En étant pur dans ses pensées, ses paroles et ses actes, « le scout est lumineux en ce sens qu’il laisse passer la lumière, qu’il choisit d’être lui-même et de se laisser aimer par le Christ », résume frère Nicolas.

Fr. Lawrence Lew OP - CC BY NC ND 2.0

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SPIRITUALITÉ

Chefs scouts, voici trois prières à mettre dans votre sac à dos

La rédaction d'Aleteia - Publié le 04/07/19

Pour les scouts, le camp d’été est l’aboutissement de l’année, son sommet. Pour les chefs et cheftaines, c’est aussi un moment privilégié pour faire grandir celles et ceux qui sont sous leur responsabilité.

Simplicité, camaraderie, dépassement de soi, découverte… Chez les scouts, le camp d’été fleure bon l’aventure. Pour celles et ceux qui les encadrent, c’est aussi l’occasion d’accompagner et de faire grandir chaque jeune dont ils ont la charge. Parce qu’avoir charge d’âme n’est pas toujours simple, se confier à Dieu est souvent un bon moyen de trouver la force ou la patience qui vient parfois à manquer.

Aleteia a donc sélectionné trois prières pour aider les cheftaines et chefs scouts. La première, intitulée Prière des chefs, a été écrite par le père Jacques Sevin qui est considéré comme le père du scoutisme français. Les deux autres, Si tu veux être chef un jour et Marcher devant, toujours devant ! ont été rédigées par Michel Menu. Autre figure emblématique du scoutisme français, héros de la résistance, il est également connu pour avoir fondé les goums.

Prière des chefs

Seigneur et chef Jésus qui malgré ma faiblesse m’avez choisi pour chef et gardien de mes frères scouts, faites que ma parole et mes exemples conduisent leur marche aux sentiers  de Votre Loi ;  Que je sache leur montrer Vos traces Divines dans la nature que Vous avez créée, leur enseigner ce que je dois et conduire ma patrouille d’étape en étape, jusqu’à Vous, ô mon Dieu, dans le camp de repos et de joie où vous avez dressé Votre tente et la nôtre pour l’éternité.

Amen.

Si tu veux être chef un jour

Si tu ralentis, ils s’arrêtent.

Si tu faiblis, ils flanchent.

Si tu t’assois, ils se couchent.

Si tu doutes, ils désespèrent.

Si tu critiques, ils démolissent.

Si tu marches devant, ils te dépasseront.

Si tu donnes ta main, ils donneront leur peau.

Si tu pries, alors ils seront des Saints.

Marcher devant, toujours devant !

Marcher devant, toujours devant !

Rester debout quand ils s’assoient ;

Sourire quand ils serrent les dents ;

Donner sa flotte quand ils ont soif et son cœur quand ils n’en ont plus ;

Porter la fatigue des faibles,

Éclairer ceux qui sont dans le noir,

Espérer pour six, vouloir pour dix.

Et le soir, quand tous se taisent,

Parler pour eux au Seigneur et Le laisser faire… le reste.

Amen.

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