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En Quête ou Enquête de Foi ?

Parution d'articles de presse web concernant édifices religieux, œuvres d'arts ou manifestations chrétiennes.

Cette oasis égyptienne qui vit passer Joseph, Marie et Jésus lorsqu’ils fuyaient Hérode (Aleteia)

Wikimedia

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ART & VOYAGES

Cette oasis égyptienne qui vit passer Joseph, Marie et Jésus lorsqu’ils fuyaient Hérode

Daniel Esparza - publié le 15/08/17 - mis à jour le 29/12/

En Égypte, Wadi El Natrun est un ancien haut lieu spirituel chrétien. Ses monastères sont toujours en activité.

Wadi El Natrun se situe à 90 kilomètres du Caire sur la route d’Alexandrie. Il fait aujourd’hui figure de poste de résistance chrétienne héroïque. Saint Macaire d’Égypte est le premier ermite à y parvenir, en l’an 330, recherchant la solitude de cette oasis par laquelle, selon la tradition, la Sainte Famille passa lors de sa fuite pour échapper aux persécutions d’Hérode. D’autres ermites et anachorètes (parmi lesquels certains des Pères du désert les plus importants) ne tardent pas à suivre son exemple, fondant un grand nombre de monastères dont certains sont toujours en activité à ce jour.

Google Maps

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Du IVe au VIIe siècle, la vallée de Natrun — c’est la signification de « Wadi El Natrun » — devient d’ailleurs l’un des hauts lieux spirituels d’Afrique du Nord et du Proche-Orient, et ce même durant la conquête de l’Égypte par les musulmans. À ses plus belles heures, la vallée compte jusqu’à 50.000 moines, et ses bibliothèques abritent encore aujourd’hui plus de 3.000 manuscrits à la valeur inestimable.

Comme l’a écrit en 2017 Francisco Carrión dans une chronique publiée dans le journal espagnol El Mundo, « ce bout de désert inhospitalier résonne d’échos bibliques ». D’après la tradition, c’est par là que passèrent Joseph et Marie en voulant protéger Jésus de la persécution d’Hérode. Tout comme les carmélites à Haifa, les premiers ermites qui s’établissent en ce lieu y sont attirés par ces récits de la tradition biblique.

La naissance de ces communautés est l’une des plus grandes contributions des coptes au monde chrétien. Au départ, explique Francisco Carrión, c’est semble-t-il un mariage arrangé qui est à l’origine de tout cela. En l’an 313, dans un petit village du delta du Nil, un jeune homme du nom de Amoun (le futur saint Amoun) est forcé au mariage par son oncle à l’âge de 20 ans. Lors de la nuit de noces, il convainc sa femme de vivre communément une vie de frère et de sœur en se donnant à Dieu, ce qu’ils font durant environ 18 ans, respectant strictement le célibat.

Finalement, Amoun quitte le foyer et se retire dans le désert. Sa femme fonde un petit couvent dans sa maison. Une fois parvenu dans le désert de Nitrie, Amoun creuse sa cellule d’ermite de ses mains. Il y passe les 22 dernières années de sa vie, en inspirant d’autres à faire de même. C’est ainsi que sont nées les premières communautés de Wadi El Natrun.

Public Domain

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Deuxième douleur : La fuite en Égypte. Voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : "Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr." Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte. (Mt 2,13-14)

ACTUALITÉS

Le chemin de la Sainte Famille bientôt inscrit au patrimoine mondial de l’humanité

Isabelle Cousturié Fides / OPM - publié le 19/05/17

Après la visite du Pape en Égypte, l’Unesco s’apprête à reconnaître la "valeur universelle" des lieux foulés par la Sainte Famille.

Le chemin de la Sainte Famille, qui selon la tradition aurait été parcouru par la Vierge Marie, Joseph et l’Enfant Jésus au cours de leur exil en Égypte pour fuir la violence d’Hérode, est en passe d’entrer dans la liste des biens religieux et sacrés inscrits au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. La nouvelle a été annoncée à la presse par Adel al Gindy, directeur général des relations internationales pour le développement du tourisme en Égypte.

Les attentes de l’Égypte

Cela fait longtemps que les responsables politiques égyptiens pour le tourisme tentent de faire rentrer l’Égypte dans les circuits du tourisme religieux chrétien, pour compenser, du moins en partie, les fortes pertes de l’industrie touristique égyptienne provoquées par le terrorisme et l’instabilité de l’ensemble de la région. La récente visite du pape François en Égypte, les 28 et 29 avril derniers – accueillie chez les coptes comme « une bénédiction » pour cette Terre et « un message envoyé au monde entier que l’Égypte mérite d’être soutenu » — et bientôt la reconnaissance de l’Unesco, devraient « favoriser l’augmentation des flux de pèlerins », espèrent les responsables égyptiens.

Présentation au Vatican

Dans les discours prononcés au cours de sa visite, le pape François, rappelle l’agence Fides, a fait à plusieurs reprises référence à l’hospitalité offerte par l’Égypte à la Sainte Famille, contrainte à l’exil. Avant la visite du Saint-Père, Nader Guirguis, membre d’une commission ministérielle constituée ad hoc pour la relance du « Chemin », avait fait également référence à des hypothèses historiques basées sur le récit des Évangiles, selon lesquelles le séjour en Égypte de la Sainte Famille pourrait avoir duré plusieurs années. Des contacts entre les organismes du tourisme égyptien et l’Œuvre romaine des pèlerinages (ORP) seraient en cours. Le 9 mai dernier, le ministre du Tourisme égyptien, Yahiya Rashid, est venu présenter au Vatican le programme d’un « Voyage de la Sainte Famille ».

Pas seulement les chrétiens

Les premières propositions de valorisation du chemin de la Sainte Famille, y compris dans une perspective touristique, remontent à une vingtaine d’années en arrière, mais de « vives divergences » entre les politiques et les opérateurs égyptiens du secteur touristique ont empêché qu’elles se concrétisent. Le parcours devrait partir d’Al-Arish, ville du nord du Sinaï devenue récemment théâtre de violences ciblées contre les coptes de la part de groupes jihadistes, pour se diriger ensuite vers le delta et Wadi Natrum, pour atteindre Assiout et le monastère de la Vierge Marie, connu aussi sous le nom de monastère Al-Muarraq. Un projet qui « intéresse et implique tous les égyptiens et pas seulement les chrétiens », avait déclaré Al Abdel Aal, le président de la Chambre des représentants égyptienne, au cours d’une visite dans les bureaux du patriarcat copte orthodoxe.

Une « valeur universelle exceptionnelle »

Le chemin de la Sainte Famille, en figurant sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité, viendra s’ajouter aux 20% de biens ayant un caractère religieux ou spirituel reconnus par l’Unesco pour leur « valeur universelle exceptionnelle ». Selon l’ICCROM, Centre international d’études pour la conservation et la restauration des biens culturels, le patrimoine religieux présente des caractéristiques qui le distinguent des autres formes de patrimoine. « Le grand patrimoine historique et religieux » de l’Égypte et « son rôle dans la région » confèrent à ce pays « un rôle particulier », avait ainsi souligné le pape François lors de son voyage sur place.

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