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En Quête ou Enquête de Foi ?

Parution d'articles de presse web concernant édifices religieux, œuvres d'arts ou manifestations chrétiennes.

L’humilité de Jean Chrysostome contre le vice de Constantinople (Aleteia)

@Catherine Leblanc / Godong - Jean Chrysostome. Musée du Vatican.

@Catherine Leblanc / Godong - Jean Chrysostome. Musée du Vatican.

BELLES HISTOIRES

L’humilité de Jean Chrysostome contre le vice de Constantinople

 

Aliénor Goudet - Publié le 13/09/20

Si les réformes apportées par l’archevêque Jean Chrysostome au IVe à l’aide de son éloquence redoutable ont attiré la colère de beaucoup, elles ont également permis à l'Église de Constantinople de revenir aux valeurs essentielles de la chrétienté.

Imaginons ici les premiers jours de ce docteur de l’Église, fêté le 13 septembre, en tant que patriarche… Constantinople, 397. Lorsque Jean et son escorte parviennent enfin au palais épiscopal, le nouveau patriarche écarquille les yeux de stupeur. L’espace d’un instant, il croit se trouver devant le palais impérial. Chaque couloir brille d’or et d’argent tandis que ses pieds foulent un sol parfaitement poli, et les grandes statues de marbre blanc l’épient de leur regard vide.  

– Ceci n’est rien à côté de vos appartements, lui dit-on fièrement. Ils sont encore plus magnifiques que la chapelle du palais. 

Jean ne répond pas, outré par les propos qu’on lui tient. Il décide de se taire et d’observer. Pendant le reste de la journée, on lui fait visiter les lieux en passant par d’immenses pièces de fête où l’on pourrait loger cinquante personnes, et les nourrir avec l’or inutile qui colle à tous les murs. Puis on lui présente ses aides, diacres et évêques, vêtus plus somptueusement les uns que les autres. 

Le soir, un festin est servi pour fêter son inauguration. Mais à la vue des serviteurs de Dieu se jetant sur la chair grasse et le vin, une nausée monte à la tête de Jean. Sans un mot, il s’éclipse vers ses appartements.  Mais là aussi, le lit de bois sculpté et les draps de soie le dégoûtent. Retirant ses sandales, le nouveau patriarche se met à genoux devant la fenêtre pour avoir vue sur le ciel étoilé, la seule splendeur qui peut l’apaiser. 

– Seigneur, pardonne mes brebis de se laisser aller ainsi aux tentations de ce monde. Puisque tu m’as fait leur berger, éclaire-moi dans ma démarche afin que je puisse les ramener à toi.  

Il réitère sa demande, encore et encore, jusqu’à ce que quelques coups à sa porte ne le tirent de sa prière. Les premiers rayons du soleil ne vont pas tarder à apparaître. Un serviteur lui apporte une tunique splendide et des bijoux, mais Jean les refuse. 

– Aucun vêtement ne pourrait cacher mes péchés aux yeux de Dieu, déclare-t-il. Et si mon âme est digne et pure, même toutes les richesses de l’empereur ne pourront égaler sa splendeur. Vends-les plutôt, et donne l’argent aux malheureux. 

L’archevêque ne s’attarde pas devant la mine stupéfaite du serviteur et se hâte d’aller à la chapelle. La messe dite, il renvoie les évêques qui attendent une audience et fait appeler intendants et conseillers. Il ordonne que l’on fasse retirer et vendre tous les objets de valeur du palais, des vases de bronze jusqu’au bois sculpté de son lit. L’argent sera reversé aux pauvres et aux hôpitaux.

– Comment puis-je être nourri et logé comme quatre rois alors que certaines de mes brebis dorment dans la rue à même le sol et n’ont que du pain moisi pour se rassasier ?

– Mais Monseigneur, certains de ces trésors nous viennent de l’empereur lui-même… proteste-t-on.

– Les biens de l’Église sont là pour servir les plus pauvres et non l’inverse. Le total de ces biens ne vaut pas une seule âme. Tel que l’empereur se doit de prendre soin de son peuple, mon devoir est de prendre de soin des âmes qui m’ont été confiées, répond-il.

Il n’y aura plus d’entassement de trésors. Plus de repas extravagant, sauf pour les jours de grandes fêtes. Les moines ambulants qui espèrent obtenir des faveurs en gravitant autour du palais épiscopal seront renvoyés dans leurs monastères. Les audiences avec les évêques seront limitées aux affaires urgentes. Ainsi en a décidé Jean Chrysostome. 

  • Voyant les regards indignés et interloqués de son entourage, Jean sait bien que cet assaut contre le vice ne plaira guère à tout le monde, et que le combat sera rude.

Ce n’est pas seulement les serviteurs de l’Église qu’il faut rappeler à l’ordre. Il faut démasquer et chasser les imposteurs qui osent user du saint nom de Dieu pour se remplir les poches. Enfin, il faut rappeler aux puissants de Constantinople leur responsabilité envers les faibles. L’impératrice elle-même n’échappera pas à ce rappel à l’ordre du patriarche. 

Voyant les regards indignés et interloqués de son entourage, Jean sait bien que cet assaut contre le vice ne plaira guère à tout le monde, et que le combat sera rude. Mais c’est la mission que Dieu lui a confiée. Et qu’y a-t-il à craindre, si Dieu est à ses côtés ? 

Enragée par les réformes de Jean Chrysostome, l’autorité politique de Constantinople fait déposer et exiler le patriarche, qui succombe à la maladie sur le chemin de Pithyos en l’an 407. Il est déclaré docteur de l’Église en 1568 par Pie V. L’éloquence et le sens du devoir de ce saint n’avait d’égal que sa grande humilité. 


Lire aussi :
« Fais de ta maison le ciel », la charité selon saint Jean Chrysostome

10 citations de saint Jean Chrysostome en l’honneur de sa fête

SPIRITUALITÉ

« Fais de ta maison le ciel », la charité selon saint Jean Chrysostome

Mathilde de Robien - Publié le 12/09/19

L’Église catholique fête ce 13 septembre saint Jean Chrysostome, évêque de Constantinople à la fin du IVe siècle et docteur de l’Église. L’occasion de revenir sur cette expression très suggestive, « Fais de ta maison le ciel », qu’il a eue lors d’une de ses homélies, exhortant par-là ses fidèles à l’exercice de la charité.

Que peut bien signifier « faire de sa maison le Ciel » ? Une invitation de saint Jean Chrysostome, appelé aussi saint Jean Bouche d’Or en raison de sa belle éloquence, adressée aux chrétiens d’Antioche, peu après son ordination en 386. Il ne s’agit pas de refaire toute la déco intérieure ni de vivre sur un petit nuage ! Il exhorte simplement d’inviter le Seigneur à sa table. Car le Seigneur est présent là où règnent « la concorde et l’amour », là où s’épanouit la justice et la miséricorde. Accueillir le plus pauvre à sa table, c’est accueillir le Christ à travers lui, et saisir ainsi « une très grande occasion de voir ses greniers emplis de beaucoup de biens ». La grâce suprême étant d’être jugé digne d’entrer dans le Royaume des Cieux.

« Toi, fais de ta maison le ciel. Tu le feras, non en changeant les murs ni en transformant les fondations, mais en invitant à la table le Seigneur des cieux lui-même. Dieu n’a pas honte de tels repas. En effet, là où existe un enseignement spirituel, là existe aussi la sagesse, la sainteté et l’équité. Là où l’homme, la femme et les enfants sont liés par les liens de la vertu, et là où règnent la concorde et l’amour, là, au milieu, le Christ est présent. En effet il ne recherche ni un toit en or ni l’éclat des colonnes ni les beaux objets de marbre mais la fleur de l’âme et l’élévation de la pensée, et une table où abonde la justice et qui porte des fruits de miséricorde. Et s’il voit une telle table, vite il participe à la réunion et il est présent. En effet, c’est lui-même qui a dit : « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger » (Mt 25, 35). Donc, toutes les fois où vous entendez un indigent crier fortement d’en bas et qu’ensuite vous donnez à celui qui est dans le besoin quelque chose de ce qui se trouve sur votre table, c’est le Seigneur que vous avez invité à votre table, par l’intermédiaire de l’esclave, vous avez chargé votre table tout entière de bénédictions et par cette offrande vous avez saisi une très grande occasion de voir vos greniers emplis de beaucoup de biens. Que le Dieu de la paix, qui donne le pain pour nourriture et la semence au semeur, multiplie vos semailles et augmente en vous tous les fruits de la justice, vous donnant la grâce qui vient de lui, et qu’il vous juge dignes du royaume des cieux ! »

(Sermons sur la Genèse)

© Unknown Author - PD

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SPIRITUALITÉ

10 citations de saint Jean Chrysostome en l’honneur de sa fête

 

Philip Kosloski - Publié le 13/09/16

Le docteur de l'Église a su adapter les Écritures à la vie quotidienne.

Le 13 septembre, nous fêtons la saint Jean Chrysostome, évêque de Constantinople et docteur de l’Église. Ce père de l’Église est bien connu pour ses prédications et ses discours publics. Son surnom, Chrysostomos, vient du grec et signifie « bouche d’or ».

Né à Antioche en 349, il a reçu l’enseignement d’un professeur de rhétorique, qui l’a formé à l’art oratoire et lui a instillé l’amour de la langue et de la littérature. Après avoir été ordonné prêtre et évêque, saint Jean a brillamment utilisé ces aptitudes pour rédiger ses homélies et catéchèses.

Il a su se distinguer des autres grandes figures de son temps en adaptant les Écritures à la vie quotidienne, et en enseignant aux gens comment incorporer l’Évangile dans chacune de leurs actions. Sa sensibilité pratique a permis à ses paroles de durer, inspirant des hommes et des femmes du monde entier, 1 609 ans après sa mort.

Pour vous donner une idée de sa « bouche d’or » et de sa capacité à adapter l’Évangile à la vie de tous les jours, voici dix citations de saint Jean Chrysostome :

1. « Si vous ne parvenez pas à trouver le Christ dans ce mendiant qui est à la porte de l’église, alors vous ne Le trouverez pas non plus dans le calice ».

2. « Ennemie du désespoir, la conversion nous offre l’espérance du salut. C’est elle qui nous livre les clefs du ciel, c’est elle qui nous permet d’accéder au paradis ».

3. « Peu importe la justesse de vos paroles : vous ruinez tout quand vous parlez avec colère ».

4. « Le péché est une blessure. La repentance est un remède ».

5. « Prier pour soi-même est un instinct de nature ; prier pour les autres est un instinct de grâce ».

6. « L’amour du mari et la femme est la force qui soude la société ensemble ».

7. « De même que les objets qui ont de l’éclat le font rejaillir sur tous les lieux qui en sont proches, les amis répandent une douceur secrète sur tous les lieux où ils ont conversé ensemble. Souvent même, lorsque nous nous trouvons dans les endroits où nous avons vu nos amis, quoiqu’ils n’y soient plus, nous ne pouvons retenir nos larmes en nous rappelant les jours que nous y avons passés avec eux. Il est impossible d’exprimer le plaisir que nous fait goûter la présence d’un ami ; il n’y a que l’expérience qui puisse l’apprendre ».

8. « C’est une chose terrible que l’amour de l’argent ! Elle rend les yeux et les oreilles inopérants, et l’homme pire qu’une bête sauvage ».

9. « La repentance est une arme devant laquelle le démon s’incline toujours ».

10. « Si vous entendez quelqu’un vous dire : “Tu adores le crucifix ?”, n’en rougissez pas, ne baissez pas les yeux, mais soyez-en glorieux et fiers, et recevez le reproche, l’œil serein et le front haut. (…) Car la croix est l’œuvre d’un ineffable amour pour nous, la preuve d’une immense tendresse ».

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